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L'allaitement artificiel

allaitement au biberon

Quelles qu’en soit les raisons, lorsque l’allaitement maternel n’est pas souhaité, n’est pas possible ou doit être interrompu, une seule solution : les préparations, appelées communément “laits infantiles”, données au biberon…

Des indications et une règlementation précises…

L’appellation la plus appropriée des substituts au lait maternel est en fait “préparation” et non “lait”, car si certains sont réalisés à partir du lait de vache, d’autres le sont à partir de différents produits (soja…) et tous contiennent des compléments nutritionnels.


Ces préparations industrielles apportent les nutriments nécessaires à la croissance des jeunes enfants, de la naissance jusqu’à l’âge de trois ans.


En France, les préparations infantiles sont strictement encadrées par l’Arrêté du 11 avril 2008, en accord avec la réglementation européenne. Ce texte précise notamment : la dénomination des produits, les enfants auxquels elles sont destinées, la composition nutritionnelle détaillée, les mentions devant figurer sur l’étiquette et les contraintes en matière de publicité.


Il existe plusieurs types de préparations, dont la composition diffère en fonction de l’âge de l’enfant ou de problèmes médicaux particuliers.


Liquides ou en poudre, les “laits” disponibles répondent aux mêmes exigences nutritionnelles et sanitaires. D’apparition plus récente, les premiers sont plus pratiques (pas de préparation nécessaire) mais plus chers. Par ailleurs, les différentes marques proposent des produits aux qualités similaires dans chaque catégorie.


N’oubliez pas qu’avant 1 an, le lait de vache est déconseillé : de part sa composition, il exposerait votre bébé à des carences et des problèmes digestifs.
Entre 1 an et 3 ans, les “laits de suite” et les “laits de croissance” sont recommandés, mais vous pouvez donner un biberon de lait de vache de temps en temps.
Attention : les autres laits (chèvre, brebis…) ne sont pas adaptés au bébé.

Les “laits” adaptés à l’âge de l’enfant…

Les “laits 1er âge” ou “laits pour nourrissons”
Pendant les 6 premiers mois, l’alimentation du bébé est exclusivement lactée.
La composition de ces préparations est assez proche du lait maternel sur le plan nutritionnel, mais ils ne contiennent pas d’immunoglobulines (qui protègent contre les infections).


Les “laits 2ème âge” ou “laits de suite”
Ils sont destinés aux bébés de 6 mois à 1 an, période de transition vers une alimentation diversifiée.
Il est recommandé d’en donner au moins 500 ml par jour.
Ces préparations sont notamment riches en protéines, en fer, en calcium, en acides gras essentiels et en vitamines.
 

Les “laits de croissance”
Ils conviennent aux enfants de 1 à 3 ans, en complément d’une alimentation variée.
Ils sont conseillés au petit-déjeuner et au goûter, à raison de 500 ml par jour.
Ils sont enrichis en fer, en vitamine A et vitamine D (nutriments peu présents dans le lait de vache) et en acide gras essentiels.
Ils sont par contre moins concentrés en protéines que le lait de vache, ce qui permet d’éviter les risques de surcharge.

Les “laits” aux indications spécifiques…

Certains problèmes médicaux (allergies, régurgitations, constipation…) peuvent nécessiter l’emploi de préparations adaptées. Mais attention : ne les donnez pas à votre bébé sans avis médical !
 

Les “laits AR” : anti-régurgitations
Ils sont épaissis, permettant ainsi de diminuer les rejets après le repas. 


Les “laits HA” : hypoallergéniques
Ils sont destinés aux enfants à risques (allergie connue chez l’un des parents ou dans la fratrie).
Ils sont prescrits dans un but préventif et non thérapeutique. Ils ne doivent donc pas être donnés aux enfants qui présentent une intolérance au lait de vache confirmée par le médecin (qui vous indiquera alors les produits de substitution adaptés).


D’autres préparations spéciales existent : elles peuvent, par exemple, avoir une teneur réduite en lactose ou être enrichies en probiotiques. Elles ont pour but d’améliorer les problèmes digestifs (constipation, coliques, ballonnements…), mais n’ont pas encore fait toutes leurs preuves sur le plan scientifique.

Le choix du biberon...

De multiples modèles existent sur le marché, se différenciant par leur matière, leur forme ou leur contenance.


La matière
Les biberons en verre sont plus résistants à l’usage, notamment en cas de stérilisation, et sont faciles à nettoyer. Mais ils sont lourds et cassables : ils peuvent donc constituer un danger quand le bébé tiendra lui-même son biberon. Il existe des gaines en silicone permettant de protéger le flacon en cas de chute.
Les biberons en plastique sont légers et pratiquement incassables. Mais ils résistent moins bien à la stérilisation et aux lavages répétés, devenant rapidement opaques.
Attention : choisissez des biberons en plastique qui ne contiennent pas de “Bisphénol A” ! Les biberons en silicone, d’apparition assez récente, ont une paroi souple facilitant la prise en main, ne sont pas fragiles et ne contiennent pas de “Bisphénol A”, mais ils sont plus coûteux.
Généralement, il est conseillé de commencer avec les biberons en verre, puis d’utiliser les biberons en plastique lorsque le bébé grandit.


La forme
Les biberons classiques sont cylindriques : ceux qui ont un large col rendent le remplissage et le nettoyage plus aisés.
Les biberons coudés permettent à la tétine d’être toujours pleine de lait et évitent au bébé d’avaler de l’air. Mais ils sont plus difficiles à laver.
Les biberons triangulaires facilitent la prise en main par le bébé et ne roulent pas quand ils tombent.
Les biberons “ergonomiques” ont une forme spéciale qui permet au bébé de le tenir plus facilement.


La contenance
Les petits biberons (90 à 120 ml) conviennent aux nourrissons pendant le premier mois. Ensuite, lorsque bébé grandit et que son appétit augmente, le choix doit se porter sur des biberons d’une contenance plus importante (240 à 340 ml).
Quelle qu’en soit leur taille, les flacons sont gradués tous les 30 ml puisque chaque cuillère-mesure de lait en poudre nécessite cette quantité d’eau : vérifiez que les graduations sont bien visibles !

Le choix de la tétine…

Comme pour le biberon lui-même, plusieurs types de tétines existent : les différences se situant au niveau de la matière, de la forme et du débit.
Attention : toutes les tétines ne s’adaptent pas à tous les biberons !


La matière
Les tétines en caoutchouc sont souples et de couleur marron. Elles ont tendance à se ramollir à la stérilisation et à devenir collantes quand elles s’usent. Leur souplesse convient bien aux nouveaux-nés qui ont des difficultés à téter.
Les tétines en silicone sont transparentes et un peu plus rigides. Elles sont plus faciles à nettoyer, mais sont plus fragiles.


La forme
Les tétines classiques possèdent un bout arrondi.
Les tétines “physiologiques” ont une extrémité qui ressemble au mamelon : elles sont conseillées aux nouveaux-nés pour leur faciliter la succion.
Les tétines “à valve” régulent le débit du lait et bloquent l’entrée d’air : elles permettent d’éviter le hoquet.


Le débit
Les tétines “à débit lent” sont destinées au nouveau-né : comme il ne déglutit pas rapidement, il peut ainsi boire au goutte à goutte sans risque de suffoquer.
Au fur et à mesure que bébé grandit, et en surveillant la facilité avec laquelle il prend son biberon, il est possible d’utiliser des tétines “à débit moyen” ou à “à débit rapide”.
Les tétines “à débit variable” comportent 3 vitesses de réglage, permettant d’adapter le débit au contenu du biberon (plus ou moins liquide) et à l’appétit de bébé (plus ou moins glouton !).

Les mesures d’hygiène...

Indispensables !
Le lait est un produit très riche qui favorise le développement de votre bébé… mais aussi des microbes ! Seul le strict respect des règles d’hygiène permet d’éviter la multiplication des bactéries, des virus ou des champignons : soyez vigilante !


L’environnement…
Veillez à la propreté du plan de travail sur lequel vous allez préparer le biberon !


Les mains…
Avant toute manipulation du matériel, n’oubliez pas de vous laver soigneusement les mains !


Avant la première utilisation du biberon…
Lavez-le avec de l’eau chaude et du liquide vaisselle.
Rincez-le bien.
Laissez-le sécher, sans l’essuyer.


Après utilisation du biberon…
Videz-le complètement.
Rincez le flacon et les accessoires à l’eau froide.
Nettoyez-les ensuite avec de l’eau chaude et du liquide vaisselle, en utilisant un goupillon.
Rincez bien.
Laissez sécher, sans essuyer.


La stérilisation ?
Les avis divergent sur ce sujet…
L’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) n’impose pas de stériliser les biberons pour les enfants en bonne santé, mais insiste évidemment sur la nécessité d’un nettoyage particulièrement soigneux.
Mais par prudence, de nombreux pédiatres et spécialistes d’infectiologie recommandent la stérilisation jusqu’à l’âge de 4 mois.
Plusieurs méthodes existent : dans une casserole d’eau bouillante pendant 20 minutes, dans un stérilisateur électrique, au micro-onde dans un bac spécial, ou encore avec des pastilles de chlore dissoutes dans un récipient d’eau froide.
A noter qu’il existe des biberons auto-stérilisables (en moins de 2 minutes au microondes) et des biberons jetables à usage unique.
Mais n’oubliez pas : la stérilisation ne vous dispense pas d’un lavage minutieux !  


Attention !
Ne préparez pas le biberon à l'avance : mélangez l’eau et la poudre juste avant consommation.
Si vous utilisez du lait en poudre : jetez le reste que votre bébé n’a pas bu.
Si vous utilisez du lait liquide : après ouverture, il se conserve pendant 48 heures maximum au réfrigérateur (entre 0 et 2°), mais une fois chauffé vous ne pouvez pas le garder.

La préparation du biberon …

L’eau
Il faut qu’elle soit faiblement minéralisée.
Si vous choisissez de l’eau en bouteille : celle-ci doit être ouverte depuis moins de 24 heures et vérifiez sur l’étiquette qu’elle convient aux nourrissons.
Si vous préférez l’eau du robinet : renseignez-vous sur sa qualité auprès de votre mairie ou de la DDASS, vérifiez que le robinet ne soit pas entartré et laissez couler l’eau (froide) avant de remplir le biberon.


Le lait
Vous devez verser la poudre dans l’eau en respectant le dosage : 1 cuillère-mesure de poudre pour 30 ml d’eau.
Agitez bien le biberon pour éviter les grumeaux.

La température
Le biberon se donne généralement à température ambiante, surtout en été.
Si vous le chauffez, vérifiez sa température en déposant quelques gouttes sur le dos de votre main : il ne doit pas être trop chaud.

La quantité
Les besoins de votre bébé augmentent avec l’âge : le pédiatre vous donnera toutes les indications nécessaires (qui sont aussi inscrites sur les boîtes de lait).
Sachez que les chiffres qui vous seront communiqués constituent une moyenne : votre bébé mangera selon ses besoins, et la quantité qu’il prendra pourra donc varier sensiblement d’un biberon à l’autre.
Par ailleurs, les courbes de croissance constituent un bon indicateur d’une alimentation correcte.

La tétée...

Pour un nouveau-né à terme de poids normal, ce moment privilégié se renouvellera environ toutes les 3 heures.
Pensez à votre bien-être et à celui de votre bébé : installez-vous confortablement dans un endroit calme et favorisez le contact “peau à peau” (y compris en dehors des tétées). N’hésitez pas à laisser le papa donner le biberon de temps en temps : cela contribuera à renforcer les liens avec son enfant.


La succion du biberon, en apparence semblable à celle du sein, demande en réalité une activité musculaire moins importante.
Cette différence peut parfois perturber le nourrisson si les deux modes d’alimentation se font en alternance.
Avec le biberon, l’écoulement du lait dépend de différents facteurs (position du bébé, inclinaison du biberon, entrée d’air et type de tétine), alors que l’enfant nourri au sein contrôle lui-même le débit.
Par ailleurs, selon les spécialistes, du fait des différences “mécaniques” de ces deux types de succion, l’allaitement maternel serait plus bénéfique que le biberon pour l’apprentissage de la respiration nasale et le bon développement maxillo-facial.


Dernier point : pour éviter la montée de lait, un traitement médicamenteux vous sera prescrit pendant une quinzaine de jour.

Même si l’allaitement maternel reste vivement conseillé, et au-delà des querelles entre tradition et modernité, le biberon donné dans “les règles de l’art” saura apporter à votre bébé tout ce dont il a besoin, tant sur le plan nutritionnel que psychoaffectif.



Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)



Sources :

www.inpes.sante.fr - www.afssaps.fr - www.sfpediatrie.com - www.pediatre-online.fr

Mise à jour le Jeudi, 23 Juin 2011 08:35
 
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