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La bronchiolite

la bronchiolite

Chaque année en France, la bronchiolite touche près de 500 000 nourrissons de 0 à 2 ans, soit environ 1 enfant sur 3 dans cette fourchette d’âges. Seulement 2 à 3% sont hospitalisés, lorsque cette infection virale très contagieuse présente des signes de gravité, mais dans tous les cas la vigilance s’impose…

Qu’est-ce qu’une bronchiolite ?

C’est une infection aiguë des petites bronches des nourrissons, dont le principal responsable est un virus appelé “virus respiratoire syncitial”.


Cette maladie survient par épidémies, généralement entre les mois d’octobre et de février.


La transmission se fait par la salive, les éternuements, la toux, les mains ou les objets souillés par le virus.


Attention : c’est ainsi qu’un banal rhume, chez l’enfant ou l’adulte, peut entraîner une bronchiolite chez un nourrisson !


D’où l’importance des mesures d’hygiène pour limiter la propagation de l’infection ! Les tout-petits y sont particulièrement sensibles, en raison de l’immaturité de leurs défenses immunitaires, de leurs poumons, et de la petite taille de leurs bronches qui s’encombrent donc plus facilement.


Cette infection devient plus fréquente d’années en années, dans toutes les villes des pays industrialisés : la concentration de populations, la vie en collectivité (crèche, école…), la pollution et le réchauffement climatique semblent favoriser la propagation du virus.

Comment se manifeste la bronchiolite ?

Au début, ce sont les symptômes d’une rhinopharyngite banale : nez bouché ou qui coule, éternuements, toux et fièvre souvent peu élevée.


Puis, en 2 à 3 jours, la toux s’aggrave et le bébé a du mal respirer : sa respiration s’accélère et peut devenir bruyante.


Lorsque la gêne augmente, le nourrisson peut éprouver des difficultés à boire et à s’alimenter.

Quels sont les signes d’aggravation ?

Une surveillance attentive s’impose pour les détecter !


N’hésitez pas à rappeler le médecin au moindre doute, et notamment dans les cas suivants :

  • Elévation de la température au delà de 38°5, pendant plus de 2 jours.
  • Augmentation de la gêne pour respirer.
  • Difficultés à boire ou à s’alimenter.
  • Apparition de troubles digestifs (régurgitations inhabituelles ou vomissements).
  • Modification du comportement.

En quoi consiste le traitement ?

Dès le début de la maladie, consultez votre médecin traitant ou votre pédiatre : ils vous indiqueront précisément toutes les mesures à prendre et vous préciseront les éléments de surveillance.


Vous devrez désencombrer régulièrement le nez de bébé avec du sérum physiologique, notamment avant chaque biberon.


Il faudra fractionner ses repas (portions plus petites, à un rythme plus fréquent) et lui donner à boire souvent.


Vous pourrez continuer à le coucher sur le dos, mais en mettant un petit coussin sous le matelas pour le surélever un peu.


Les médicaments contre la fièvre pourront être utilisés si nécessaire, mais les antibiotiques ne seront prescrits qu’en cas de surinfection.


Si bébé est très encombré, des séances de kinésithérapie respiratoire permettront de dégager ses bronches et l’aideront à mieux respirer. Il pourra ainsi boire, manger et dormir plus facilement. De plus le kinésithérapeute surveillera l’évolution des problèmes respiratoires et en informera le médecin. Mais la prescription de kinésithérapie n’est pas systématique : tout dépend de l’importance des difficultés respiratoires.


En l’absence de complications, bébé sera guéri au bout de 7 à 10 jours, mais continuera parfois à tousser un peu pendant 2 à 3 semaines.


Il pourra retourner à la crèche quand les symptômes auront disparu.


Il est inutile d'emmener d'emblée votre enfant à l'hôpital, d’autant que pendant les épidémies les services d’urgences sont saturés : c’est votre médecin qui en jugera la nécessité éventuelle.


En général, l’hospitalisation s’impose lorsque des signes d’aggravation apparaissent, s’il existe des facteurs de risque (notamment : bébé né prématurément, nourrisson de moins de 3 mois, existence de problèmes cardiaques ou respiratoires), ou si les conditions de vie de l’enfant ne permettent pas une surveillance fiable et une hygiène suffisante.

Quelles sont les précautions indispensables ?

Il n’existe pas aujourd’hui de vaccin disponible contre le virus responsable de la bronchiolite.


Mais pour diminuer le risque de transmission de cette maladie très contagieuse, les mesures d’hygiène strictes s’imposent à toutes les personnes dans l’entourage de l’enfant (parents, frères, soeurs, nounou, etc…) !


Le lavage des mains, avant de vous occuper de bébé, est évidemment indispensable.


De retour de l’école ou de la crèche, les frères et soeurs doivent faire de même pour éviter de rapporter des virus à la maison.


Le nettoyage régulier des objets en contact avec le nourrisson (tétines, jouets, etc…) est indispensable.


Et veillez à ce que biberons, gobelets, cuillères et autres ustensiles ne passent pas entre toutes les bouches de la famille !


Toute personne enrhumée doit porter un masque chirurgical (disponible en pharmacie) avant de s’approcher de bébé et ne doit pas l’embrasser.


En période d’épidémie, évitez d’emmener votre enfant dans les lieux publics (transports en commun, centres commerciaux, etc…), surtout aux heures d’affluence : il risquerait de contracter le virus auprès de personnes enrhumées.


De même, limitez les contacts avec vos amis ou des membres de votre famille, s’ils ont une grippe ou un rhume !


Et, si cela vous est possible, mieux vaut ne pas mettre à la crèche un nourrisson à risques, notamment s’il a moins de 3 mois.


La chambre de bébé doit être aérée chaque jour, pendant au moins 10 minutes.


Enfin, n’oubliez pas : il ne faut pas exposer un nourrisson à la fumée, celle-ci fragilisant ses petites bronches. Donc, jamais de cigarette en présence de bébé, notamment dans les lieux clos ! Préservez sa santé… et la vôtre aussi !


Cette précaution est, a fortiori, encore plus importante quand un nourrisson a déjà fait une bronchiolite : en effet, plusieurs études montrent que le risque de crises d’asthme, dans les mois ou années qui suivent, est alors plus élevé.

Comment fonctionnent les “Réseaux Bronchiolite” ?

Existant dans de nombreuses régions (cf. la carte ci-dessous), ces réseaux facilitent l'accès aux soins pour les familles de nourrissons atteints de bronchiolite.


En période d’épidémie, même les week-ends et jours fériés, les bébés peuvent bénéficier de séances de kinésithérapie respiratoire et d’un suivi régulier.


Si vous ne connaissez pas de kinésithérapeute, ou si le vôtre n’est pas disponible, il vous suffit d’appeler le standard du “Réseau Bronchiolite” de votre région : les coordonnées d’un praticien disponible vous seront communiquées, et vous pourrez le contacter directement pour prendre un RV.


Ces réseaux permettent une coordination entre les différentes structures de soins et tous les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de la bronchiolite. Ils mènent aussi des actions de prévention et d’information auprès du grand public.

Reseaux bronchiolite

Dans la majorité des cas, la bronchiolite n’est pas grave : inutile donc de vous précipiter aux urgences dès les premiers symptômes. La plupart du temps, une prise en charge par votre médecin traitant ou votre pédiatre suffira. Mais les nourrissons étant fragiles, surveillez attentivement la survenue du moindre signe d’aggravation, et respectez bien toutes les précautions pour limiter les risques !



Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)



Sources : www.uvp5.univ-paris5.fr - www.med.univ-montp1.fr - www.invs.sante.fr - www.inpes.sante.fr – www.reseau-bronchio.org - www.healthychildren.org

Mise à jour le Lundi, 17 Octobre 2011 10:07