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La constipation chez le nourrisson

La constipation chez le nourrisson

Motif de préoccupation chez les jeunes mamans, la constipation du nourrisson est le plus souvent bénigne. Un régime alimentaire adapté et quelques mesures simples permettent généralement de régler le problème. Cependant, ce symptôme peut révéler, dans des cas assez rares, une malformation ou une maladie sous-jacente. Donc si la constipation s’installe, parlez-en à votre médecin !

Quand parle-t-on de constipation ?

La constipation est un symptôme, et non une maladie à part entière.


Elle se manifeste par des selles trop rares, dont l’émission est généralement difficile et douloureuse.


Il est cependant hasardeux de définir un intervalle “normal” entre deux selles, car il existe notamment des variations en fonction de l’alimentation.


On parle généralement de constipation quand le nombre de selles est inférieur à une par jour si le nourrisson allaité, et inférieur à trois par semaine s’il est nourri au biberon.


Environ 9 bébés nourris au sein sur 10, ont des selles fréquentes, semi-liquides, de couleur jaune ou verdâtre. Les couches doivent être généralement changées à chaque tétée !

Mais certains nourrissons peuvent avoir des selles plus rares, notamment quand l’allaitement maternel se prolonge : ce phénomène est normal, ne vous inquiétez pas !


Avec le démarrage de la diversification alimentaire (viandes, fruits, légumes), vers l’âge de 6 mois, la consistance des selles augmente, et il n’est pas rare que le bébé en fasse seulement tous les deux ou trois jours.


Sachez enfin qu’en cas de constipation, bébé produira de gros efforts pour éliminer quelques selles très dures en forme de billes.

Quelles sont les causes principales de la constipation ?

Le plus souvent, la constipation est dite “fonctionnelle” : cela signifie qu’elle n’est pas due à une maladie.


Elle peut être secondaire à un apport insuffisant en eau : par exemple, si vous allaitez et ne buvez pas suffisamment, si le lait artificiel n’est pas assez dilué, ou en période de fortes chaleurs (bébé ne vous dira pas qu’il a soif, alors pensez aux petits biberons d’eau en été !).


La constipation peut être due à un excès de farines ou d’épaississants dans le biberon.


Si vous allaitez et mangez beaucoup d’aliments constipants (riz, féculents, chocolat, coing, banane…), ou si vous modifiez vos habitudes alimentaires, votre bébé en subira les conséquences : n’oubliez pas, il profite de ce que vous mangez !


Tout changement dans ses habitudes peut provoquer une constipation passagère : par exemple, lorsque bébé passe du sein au biberon, ou au moment de l’introduction des farines dans son alimentation vers l’âge de six mois.


La constipation peut être enfin liée au stress : par exemple, lorsque bébé entre à la crèche, ou durant la période d’apprentissage de la propreté vers l’âge de 18 mois.

Quelles maladies peuvent entraîner une constipation ?

Dans des cas assez rares, la constipation révèle une maladie bien identifiée.


Lorsqu’un nouveau-né est constipé, la Maladie de Hirschsprung est évoquée : il s’agit d’une anomalie du système nerveux touchant le tube digestif. Les ganglions innervant le côlon étant absents, la motricité intestinale est nulle, ce qui peut conduire à une occlusion. Une intervention chirurgicale est nécessaire.


D’autres pathologies, encore moins fréquentes, peuvent entraîner une constipation : hypothyroïdie (obligatoirement dépistée à la naissance), malformation anale, sténose de l’intestin ou différentes maladies neurologiques.

Quelles sont les complications éventuelles ?

Certes parfois pénible ou douloureuse pour bébé, la constipation ne l’expose que rarement à des complications.


Le passage des selles plus dures peut éventuellement provoquer des douleurs ou des fissures au niveau de l’anus, des saignements, voire un prolapsus rectal (sortie du rectum par l’anus).


L’accumulation des selles peut aussi obstruer l’intestin. En sachant tout de même, que chez le nourrisson, une occlusion est plutôt due à une invagination intestinale. Celle-ci se manifeste brutalement par des pleurs ou cris incessants liés aux douleurs de ventre, des vomissements importants, un refus de boire, une pâleur intense, avec présence de sang rouge ou de glaires sanguinolentes dans la couche. Il s’agit d’une urgence chirurgicale : vous devez appeler votre médecin ou le 15 sans tarder !

Que pouvez-vous faire ?

Attention ! Règle N° 1 : n’utilisez jamais des lavements, des laxatifs ou des suppositoires sans avis médical !


Veillez à ce que bébé boive suffisamment : pensez notamment à lui donner régulièrement des biberons d’eau en période de chaleur.


Si vous allaitez, buvez abondamment, privilégiez les aliments riches en fibres (légumes verts, pruneaux, abricots secs, pain au son…) et n’abusez pas des produits qui constipent (féculents, chocolat, banane, coing…).


Si vous nourrissez votre bébé au biberon, diluez bien la poudre de lait (1 cuillère-mesure pour 30 ml d’eau) et ne lui donnez pas trop de farine ou d’épaississant.

Vous pouvez essayer de préparer certains biberons avec une eau “laxative”, comme l’Hépar, en vous limitant à 200 ml par jour (soit la moitié d’un biberon deux fois par jour). Les autres biberons étant préparés avec une eau “normale”.

Certains laits spéciaux facilitent le transit : demandez à votre pédiatre ou votre pharmacien pour vous aider à choisir le plus adapté à votre bébé.


Pour lutter contre la constipation, il est possible d’introduire précocement des jus de fruits ou de légumes. Mais faites-le progressivement, en commençant par quelques cuillères à café seulement !


Dans la plupart des cas, ces mesures simples suffiront à régler ce problème passager, mais l’avis et les conseils de votre médecin ne seront pas superflus…

Quand devez-vous consulter un médecin ?

Dans certains cas, il est impératif de prendre un avis médical sans tarder :

  • Si la constipation apparaît dans les premiers jours de vie.
  • Si bébé n’a pas eu de selles depuis plus de trois jours.
  • Si son ventre est ballonné.
  • S’il semble avoir mal, lors de l’émission des selles ou en palpant son ventre.
  • S’il existe des vomissements, qui peuvent être le signe d’une occlusion intestinale.
  • S’il y a des fissures au niveau de l’anus.
  • S’il y a des traces de sang dans la couche.
  • Si vous avez noté une perte de poids.
  • S’il ne bouge pas comme d’habitude ou ne réagit pas normalement aux stimulations.


Quand la constipation est isolée et récente, ne vous affolez pas ! Mais si vous êtes trop inquiète, mieux vaut ne pas attendre pour voir votre pédiatre…


Dans tous les cas il examinera bébé et vous interrogera notamment sur ses habitudes alimentaires, ainsi que sur la présence éventuelle d’autres symptômes.


Des examens complémentaires seront pratiqués s’il suspecte une maladie particulière.


Une hospitalisation sera alors généralement nécessaire, a fortiori s’il s’agit d’un nouveauné.


En cas de constipation “fonctionnelle” et bénigne, votre médecin vous indiquera les modifications diététiques utiles. Il pourra aussi prescrire des médicaments pour hydrater et ramollir les selles, ou pour calmer les douleurs de ventre. Les laxatifs ou autres traitements plus “puissants” ne seront utilisés que si la constipation résiste et s’installe.

Votre bébé est constipé ? Pas de panique… et surtout, ne vous précipitez pas sur la poire à lavements de grand-mère ! Evitez aussi de surveillez les selles de votre chérubin avec angoisse : il risquerait de le ressentir et d’être stressé à son tour, ce qui aggraverait la situation ! Mieux vaut consulter votre médecin, qui vous donnera tous les conseils nécessaires et saura vous rassurer…



Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)


Sources : www.uvp5.univ-paris5.fr - www.medecine.ups-tlse.fr - www.aap.org - www.naspghan.org

Mise à jour le Lundi, 16 Janvier 2012 09:54