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Les infections urinaires chez le nourrisson

Les infections urinaires chez le nourrisson

Touchant assez fréquemment les enfants, l’infection urinaire s’avère souvent difficile à diagnostiquer. Les signes sont généralement peu caractéristiques chez le bébé, sans compter que celui ne peut pas se plaindre de la gêne qu’il ressent éventuellement. Alors, attention à ne pas passer à côté, au risque de graves complications !

Comment se manifeste une infection urinaire ?

Vous devrez être vigilante et certains symptômes apparaissant chez votre bébé devront notamment vous alerter :

  • Une fièvre isolée et inexpliquée.
  • Des troubles digestifs.
  • Une fatigue anormale.
  • Un manque d’appétit.
  • Une perte de poids.

 

Au moindre doute, prenez un avis médical !

 

Il existe plusieurs facteurs favorisant la survenue d’une infection urinaire chez un nourrisson : les urines et les selles qui stagnent dans la couche, la vessie qui ne se vide pas complètement lorsqu’elle est encore immature, la constipation, la présence d’un phimosis (prépuce trop serré) chez le petit garçon ou d’une vulvite due aux couches chez la petite fille.

 

Les infections urinaires, surtout si elles sont récidivantes, peuvent être dues à une malformation ou un dysfonctionnement de l’appareil urinaire. Il peut s’agir, par exemple, d’un reflux vésico-urétéral, qui entraîne une remontée anormale de l’urine de la vessie vers le rein, et qui peut nécessiter dans certains cas une intervention chirurgicale.

Est-ce grave ?

Une infection urinaire n’est jamais anodine chez l’enfant !

 

D’autant que la difficulté de diagnostic, parfois confirmé tardivement, augmente le risque de complications.

 

Raison pour laquelle, chez le bébé, la maladie est souvent découverte lorsque l’infection a déjà atteint les reins : c’est ce que l’on appelle une pyélonéphrite.

 

Autre complication possible : la diffusion des microbes vers une autre localisation (méningite, abcès cérébral, etc…), voire à tout l’organisme (septicémie).

 

Lorsque le rein a été atteint par l’infection, des séquelles sont possibles : il s’agit des cicatrices rénales qui peuvent conduire à une insuffisance rénale.

Comment se fait le diagnostic ?

L’ECBU (examen cytobactériologique des urines), réalisé par un laboratoire d’analyses, permettra de déterminer quel est le microbe en cause, et de tester sa sensibilité aux différents antibiotiques.

 

Sur le plan pratique, cela se révèle plus compliqué chez le bébé que chez l’adulte ou le grand enfant. Comme vous l’avez remarqué, un nourrisson ne sait pas retenir ses urines ou les évacuer à la demande !

 

Les urines sont recueillies dans des poches spéciales, placées sur la verge du petit garçon ou la vulve de la petite fille. La zone doit être parfaitement désinfectée et la poche changée toutes les 20 minutes. Le strict respect de ce protocole est impératif pour ne pas fausser les résultats. Et, bien sûr, l’urine ne doit pas être simplement prélevée dans la couche !

 

Il est très important aussi de déterminer si une anomalie de l’appareil urinaire (malformation ou dysfonctionnement) est à l’origine de l’infection.

Pour ce faire, votre médecin prescrira des examens complémentaires, surtout si votre bébé a fait plusieurs épisodes infectieux.

Une échographie rénale est réalisée systématiquement : cet examen totalement indolore permet de visualiser précisément les reins, les uretères et la vessie, et de vérifier leur morphologie.

En fonction des informations données par l’échographie, le médecin pourra éventuellement demander d’autres examens plus complexes (scintigraphie rénale, urographie intra-veineuse, cystographie rétrograde), pour affiner le diagnostic et la stratégie thérapeutique ultérieure.

Quel est le traitement ?

Une fois le diagnostic confirmé, et les causes déterminées, le traitement repose essentiellement sur les antibiotiques, administrés le plus rapidement possible.

 

L’hospitalisation s’impose chez les enfants de moins de 3 mois, et reste recommandée jusqu’à l’âge de 6 mois. Cela permettra d’administrer le traitement par voie intraveineuse, de pratiquer les examens complémentaires et de surveiller l’évolution de la maladie.

 

Les enfants plus âgés pourront généralement être traités à domicile et par voie orale. Mais s’il existe une fièvre élevée, un syndrome infectieux sévère ou une pyélonéphrite, l’hospitalisation est aussi impérative.

 

Les complications imposent bien sûr une prise en charge spécifique.

 

En cas d’infections urinaires récidivantes, un traitement préventif peut s’avérer nécessaire, voire une intervention chirurgicale s’il existe une malformation de l’appareil urinaire.

 

Et dans tous les cas, il est important que l’enfant boive suffisamment.

 

Mais ne faites jamais d’automédication sans avis médical !

Si votre bébé présente une fièvre ou une altération générale inexpliquées, il faut toujours penser à la possibilité d’une infection urinaire. Il est important d’agir le plus rapidement possible pour éviter les complications : n’hésitez donc pas à consultez votre médecin au moindre doute !

 

 

Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)

 

Sources : www.uvp5.univ-paris5.fr - www-sante.ujf-grenoble.fr - www.aap.org

Mise à jour le Lundi, 16 Janvier 2012 09:29