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Les régurgitations du nourrisson

Régurgitations du nourrisson

Au cours des premiers mois, de nombreux bébés rejettent un peu de lait après la tétée… et cela inquiète les parents ! La plupart du temps, ces régurgitations sont sans gravité et s’atténuent facilement. Mais les reflux importants entraînent parfois des complications et il ne faut pas les confondre avec des vomissements. Un avis médical s’impose !

Les régurgitations…

Elles se manifestent généralement dans l’heure qui suit la tétée : le nourrisson rejette par la bouche une petite quantité de lait, parfois en faisant un rôt.

 

Les régurgitations surviennent sans effort, contrairement aux vomissements qui apparaissent brutalement, suite à une contraction du diaphragme et des muscles abdominaux.

 

Lorsqu’elles sont épisodiques et peu importantes, elles n’ont aucune conséquence notable sur la santé de l’enfant.

 

Elles surviennent chez la plupart des nourrissons, mais touchent plus particulièrement les prématurés et les bébés nourris au biberon. Un accessoire est donc indispensable pour les tout-petits : le bavoir !

 

Quelques précautions et règles alimentaires permettent de limiter ces régurgitations.

 

Le plus souvent, elles disparaissent vers l’âge de 1 an, quand bébé commence à se tenir debout et mange une nourriture solide.

 

Ce phénomène est “normal”, car le système digestif des nouveaux-nés n’est pas complètement formé. Il arrive alors que le petit clapet, situé en bas de l’oesophage, ne soit pas assez tonique pour empêcher le contenu de l'estomac de remonter lors de la digestion.

 

Mais attention ! La répétition des régurgitations tout au long de la journée, même à distance des repas, surtout aux changements de positions, peut être le signe d’un reflux gastro-oesophagien (RGO).

Le reflux gastro-oesophagien…

Il se manifeste par des remontées fréquentes et importantes, y compris la nuit, d’une partie du contenu de l’estomac dans l’oesophage, puis dans la bouche.

 

Dans certains cas, le RGO ne se manifeste pas par des régurgitations, mais est suspecté par le médecin si bébé grimace à chaque tétée, tousse ou se réveille la nuit, ou a une courbe de poids qui stagne.

 

Il peut entraîner des complications : oesophagite (irritation de l’oesophage occasionnant des pleurs, voire des saignements et une anémie), dénutrition (avec un retentissement sur la prise de poids et la taille) ou inflammation chronique des voies respiratoires (pharyngite, otite, bronchite…).

 

Le RGO tend à disparaître spontanément vers l’âge de 1 an.

 

En attendant, quelques gestes simples et un traitement médical permettent le plus souvent de soulager bébé.

 

Des examens complémentaires sont parfois nécessaires pour confirmer le diagnostic et la survenue de complications impose une prise en charge spécifique.

Des mesures simples pour soulager bébé…

Le plus souvent, les régurgitations sont bénignes et s’atténuent en appliquant quotidiennement quelques précautions.

 

Pendant la tétée, assurez-vous que l’atmosphère est calme, non polluée par le tabac… et restez “zen” !

 

Ne serrez pas trop la couche ou les vêtements de bébé.

 

Si vous nourrissez votre enfant au biberon, utilisez la bonne taille de tétine ! Ni trop grosse (le lait s’écoulerait trop rapidement), ni trop petite (bébé avalerait trop d’air). N’attendez pas que votre nourrisson ait trop faim, et fractionnez les prises alimentaires, en donnant de petites quantités à chaque fois.

 

Respectez bien le mode d’emploi du lait artificiel : ne remplissez pas trop la cuillère ! Evitez les boissons qui favorisent les régurgitations, comme les jus de fruits et le chocolat.

 

Faites des petites pauses “câlins” en donnant le biberon, cela permettra à l’estomac de se vider tranquillement. Mais n’interrompez pas bébé pendant qu’il boit ! Et laissez lui faire tranquillement un petit rôt intermédiaire.

 

Après le repas, maintenez-le le plus droit possible et n’oubliez pas son rôt. Mieux vaut ne pas le coucher tout de suite et pensez à surélever légèrement la tête de son lit.

 

Enfin, si bébé est nourri au biberon, votre médecin pourra vous conseiller de remplacer son lait habituel par un lait anti-régurgitations (AR), qui épaissit dans l'estomac.

 

Et si vous allaitez, il suffira de lui donner, à la fin de la tétée, un produit qui épaissit le contenu de l'estomac.

 

Dans les deux cas, le lait moins fluide remontera plus difficilement de l’estomac vers l’oesophage.

 

Dans certains cas, ces mesures ne suffisent pas et des traitements complémentaires sont alors nécessaires…

Pas d’automédication !

Si bébé continue de régurgiter au bout d’un mois, ou si le reflux est important dès le début, votre médecin pourra prescrire, selon les cas, un protecteur de l’oesophage, un antiacide et/ou un médicament qui augmente le tonus du “clapet paresseux”.

 

Attention ! En raison de contre-indications et d’effets secondaires possibles, ces traitements ne doivent jamais être administrés sans avis médical !

 

Une intervention chirurgicale n'est que très rarement nécessaire.

 

En cas de complications (anémie, otites ou bronchites à répétition…) des traitements spécifiques et une surveillance particulière seront mis en place.

Ne paniquez pas à la moindre régurgitation de votre bébé ! Mais si cela se reproduit, parlez-en à votre médecin : il établira un diagnostic précis et vous expliquera les mesures à prendre pour soulager votre bébé et éviter une aggravation.

 

 

Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)

 

 

Sources : www.uvp5.univ-paris5.fr - www.campusvirtuel.smbh.univ-paris13.fr - www.snfge.org - www.aboutkidshealth.ca - www.aap.org

Mise à jour le Mardi, 20 Septembre 2011 08:24