Je me connecte




Mot de passe oublié ?

La grossesse en hiver

Grossesse en hiver

Vous êtes enceinte ? Vous redoutez d’affronter les frimas de l’hiver ? Pas de panique ! En étant prudente et en respectant quelques mesures simples, tout se passera bien pour vous et votre bébé…

Le froid soumet l’organisme à rude épreuve…

Le corps réagit plutôt mal au froid et à la baisse de luminosité, et vous n’y échapperez pas même en étant enceinte !

 

La baisse de la température extérieure diminue nos défenses immunitaires au niveau de l’appareil respiratoire. Par ailleurs, en période hivernale, nous vivons dans des lieux confinés, ce qui favorise la concentration des microbes et la contagion.

 

Le froid provoque aussi la diminution du diamètre des vaisseaux sanguins, l’augmentation de la pression artérielle et de la viscosité du sang (ce qui favorise la formation de caillots et les thromboses).

 

La lumière, quant à elle, est essentielle pour réguler nos rythmes biologiques, faire le plein d’énergie et combattre le stress : les journées plus courtes en hiver et le soleil plus rare agissent défavorablement sur notre moral.

Prenez gare aux épidémies !

Bien évidemment, vous n’êtes pas à l’abri des pathologies hivernales, comme la grippe, les rhumes ou autres gastroentérites. Or l’exposition à certains microbes (bactéries, virus…) peut nuire au bon déroulement de la grossesse ou à la santé du bébé. La plus grande prudence s’impose donc au quotidien…

 

Selon le type de microbe, la transmission peut se faire par inhalation (en respirant des postillons), par contact avec la peau ou les muqueuses, par ingestion (en portant les mains ou des objets contaminés à la bouche) ou par inoculation (plaie, piqûre…).

 

Comme vous le savez, toutes les infections risquent de vous affaiblir, et celles qui touchent l’appareil respiratoire peuvent dégrader votre état (si par exemple vous êtes asthmatique). Mais, plus grave encore, certaines peuvent conduire, selon les cas, à un avortement, une naissance prématurée ou à des malformations chez l’enfant. Le placenta est en effet perméable aux virus avant 3 mois, à tous les germes dès le 4ème mois et aux parasites de grande taille à partir du 7ème mois.

 

D’une manière générale, tout épisode fébrile ou infectieux survenant pendant la grossesse, même apparemment anodin, doit être surveillé de près : consultez votre médecin sans tarder !

 

Et ne faites jamais d’automédication, d’autant que de nombreux traitements (notamment certains antibiotiques et médicaments contre la fièvre) sont contre-indiqués pendant la grossesse.

 

Sachez aussi que le Haut Conseil de la Santé Publique a édicté de nouvelles recommandations : le vaccin anti-grippe est désormais pris en charge à 100% pour les femmes enceintes, à partir du 2ème trimestre de grossesse.

 

Respectez les règles d’hygiène !

Lavez-vous souvent les mains, à l’eau et au savon (ou avec une solution hydroalcoolique), pendant 30 secondes, en particulier avant de boire, manger ou porter quoi que ce soit à votre bouche.

Faites de même avant et après un passage aux toilettes.

Couvrez-vous la bouche et le nez avec un mouchoir en papier lorsque vous toussez, puis jetez le mouchoir dans une poubelle.

Evitez les contacts rapprochés avec les personnes qui se signalent malades, fiévreuses ou en période d’épidémie.

Portez un masque de protection respiratoire si vous êtes obligée de côtoyer des personnes porteuses de germes transmis par voie aérienne (par exemple, si vous travaillez dans le milieu médical).

Ne mettez pas à la bouche la tétine, la cuillère ou le verre d’un jeune enfant.

Couvrez-vous des pieds à la tête !

Tout au long de la grossesse, votre peau risque de vous causer quelques soucis (boutons d’acné, petits points rouges, démangeaisons, taches brunes…), et le froid ou l’humidité ne vont pas arranger les choses ! Sans oublier les lèvres gercées et les irritations du visage qui ne vous épargneront pas.

 

Les engelures et gelures des extrémités (doigts, orteils, nez, oreilles) touchent plus particulièrement les personnes présentant des problèmes circulatoires.

 

Les engelures superficielles peuvent survenir assez rapidement, surtout si la zone exposée est mouillée ou exposée au vent.

Les lésions sont généralement indolores, mais la peau est engourdie, de couleur blanche ou grisâtre.

Dès leur apparition, il est impératif de consulter un médecin !

En attendant, il faut simplement plonger votre main dans de l’eau tiède (surtout pas trop chaude !). Mais n’utilisez pas une source de chaleur intense (feu de cheminée, radiateur…), et ne faites pas des frictions ou des massages !

 

Normalement, il y a peu de risques que vous présentiez des gelures graves, qui surviennent dans des conditions extrêmes.

Dans ce cas, la peau est insensible, pouvant devenir noirâtre et cloquée : c’est une urgence médicale qui nécessite un traitement hospitalier en soins intensifs !

 

Pour éviter tous ces problèmes, utilisez des crèmes hydratantes et protectrices sans modération ! Sans oublier le stick à lèvres et la crème solaire, notamment si vous allez à la montagne.

 

Et sortez bien couverte ! Protégez bien les extrémités : bonnet, gants et écharpe de rigueur ! Pour le corps, privilégiez la superposition de vêtements pas trop serrés, en matières souples et naturelles (les fibres synthétiques sont déconseillées en raison de la transpiration généralement augmentée pendant la grossesse).

 

Enfin, difficile d’imaginer que vous soyez victime d’une hypothermie ! Cela concerne plutôt les alpinistes en perdition, les naufragés ou malheureusement aussi les SDF. Il s’agit d’un refroidissement de la température interne du corps en dessous de 35°C, ce qui entraîne des pathologies graves pouvant conduire au coma et à la mort.

Cela étant, si vous devez absolument vous déplacer en voiture par très grand froid, assurez-vous que vous pourrez supporter éventuellement une immobilisation prolongée en attendant l’arrivée de l’assistance. Emportez toujours une couverture, des vêtements chauds supplémentaires, de l’eau et un peu de nourriture, ainsi que vos médicaments si vous suivez un traitement régulier. Et n’oubliez pas de faire le plein d’essence avant le départ !

Si malheureusement vous vous retrouvez bloquée en voiture, en attendant les secours : faites tourner le moteur une dizaine de minutes toutes les heures, vérifiez que la neige ne bloque pas le tuyau d’échappement, ouvrez un peu les vitres pour éviter l’intoxication au monoxyde de carbone, faites régulièrement des mouvements avec vos doigts, vos bras et vos jambes pour activer la circulation sanguine.

Ménagez votre coeur !

Le froid ayant tendance à augmenter la pression artérielle : soyez donc prudente si vous êtes sujette à l’hypertension.

 

Nous vous rappelons que cette maladie peut avoir de graves conséquences chez la future maman (prééclampsie, éclampsie, décollement du placenta, etc…) et chez le foetus (hypotrophie, prématurité, etc…). On parle alors de “grossesse à risque” qui nécessite une surveillance renforcée. Pour plus d’informations, consultez l’article intitulé “Hypertension et grossesse” !

 

Le froid sollicite aussi notre coeur qui doit notamment battre plus rapidement pour lutter contre le refroidissement.

 

Ainsi, quand le thermomètre dégringole, mieux vaut limiter les efforts physiques, même si vous êtes en bonne santé et que votre grossesse se passe bien.

 

A fortiori, si vous êtes suivie pour des problèmes cardio-vasculaires, ménagez-vous et ne prenez aucun risque inutile, car le froid pourrait aggraver votre état. Si vous envisagez un séjour à la montagne, mieux vaut demander l’avis de votre cardiologue. Et n’hésitez pas à le consulter au moindre symptôme inquiétant ! Il en va de votre santé et du bon déroulement de la grossesse !

Gardez le moral !

Environ une personne sur cinq serait victime d’un “coup de blues” dès l’apparition des premiers frimas, c’est ce que l’on appelle la dépression saisonnière. Tristesse, irritabilité, troubles du sommeil et de l’appétit apparaissent en automne et disparaissent au printemps.

 

Bien sûr, ne prenez aucun médicament sans avis médical !

 

Sachez qu’outre les traitements classiques, la luminothérapie peut apporter un réel bienfait : l’exposition 30 minutes par jour devant une lampe spéciale permet de compenser le manque de lumière.

 

Alors, si votre moral baisse avec la température ou dès les “premiers sanglots des violons de l’automne”… n’hésitez pas à en parler à votre médecin !

Evitez les chutes !

Conséquence indirecte du froid, les chutes sur la neige ou le verglas doivent être évidemment évitées : marchez prudemment et avec des chaussures antidérapantes qui maintiennent bien votre pied !

 

N’oubliez pas que vos chevilles sont plus fragiles, en raison du relâchement ligamentaire du aux bouleversements hormonaux de la grossesse, de plus le poids de l’utérus crée un déséquilibre du corps, surtout au 3ème trimestre.

 

Une simple entorse bénigne ne vous faciliterait pas la vie, sans parler d’une fracture qui pourrait engendrer beaucoup plus de difficultés, notamment sur le plan thérapeutique. Et si la chute entraîne un traumatisme abdominal, le foetus est une cible “privilégiée”, même s’il est protégé par le liquide amniotique.

 

Les risques pour le bébé dépendent du terme de la grossesse, de la nature du choc (direct ou indirect) et de la violence de l’impact.

On peut craindre, par exemple, un décollement du placenta, une fausse couche ou un accouchement prématuré.

 

Tout traumatisme pendant la grossesse, même en apparence anodin, doit faire l’objet d’un contrôle médical !

 

Sans compter que tout problème peut engendrer au minimum du stress et des angoisses inutiles…

Méfiez-vous des intoxications au monoxyde de carbone !

Bien sûr, en hiver, on apprécie un intérieur bien douillet, a fortiori lorsque votre ventre s’arrondit… Mais prenez garde à ce que votre chauffage ne produise pas de monoxyde de carbone. Attention aux intoxications, très fréquentes dès l’arrivée des premiers froids !

 

Ce gaz est d’autant plus dangereux qu’il est très difficile à détecter, car il est incolore, inodore et ne crée pas d’irritation en le respirant.

 

Toutes les énergies inflammables peuvent en produire : gaz, mazout, bois, charbon, essence, kérosène, etc…

Les accidents surviennent généralement dans une pièce mal ventilée ou fonctionne un appareil vétuste ou non entretenu (chaudière, poêle, cuisinière…).

 

Les femmes enceintes et les jeunes enfants sont plus rapidement et plus gravement intoxiqués.

 

Les symptômes de l'intoxication et sa gravité dépendent de la quantité de monoxyde de carbone dans l'air ambiant : nausées, vomissements, maux de tête, somnolence, voire coma pouvant conduire au décès.

Attention : au début, les signes peuvent faire penser à une grippe ou une intoxication alimentaire.

Au sein du foyer, une ou plusieurs personnes peuvent être touchées.

 

Comment éviter les accidents ?

Faites vérifier vos installations et vos appareils au moins une fois par an. N’utilisez les poêles à charbon que par grand froid.

Ne placez jamais un chauffage d’appoint (au pétrole, kerdane ou kérosène) dans une chambre d’enfant. Et dans tous les cas il est recommandé de ne pas faire fonctionner ce type d’appareil 24h/24 (éteignez-les la nuit !).

Veillez à ce que les bouches de ventilation ne soient pas obstruées. Faites ramoner régulièrement les cheminées et conduits d’évacuation.

Aérez votre logement tous les jours, pendant au moins 10 minutes, même quand il fait froid !

 

L'installation d’un détecteur-avertisseur de monoxyde de carbone (norme européenne EN 50291) permet de limiter les conséquences de l’intoxication, en vous alertant suffisamment tôt, mais ne saurait se substituer à ces mesures élémentaires.

 

Que faire en cas d’intoxication aiguë ?

Ouvrez les portes et fenêtres pour aérer la pièce.

Arrêter si possible les appareils de chauffage.

Sortez de chez vous avec toutes les personnes présentes.

Appelez les secours : 18 (pompiers) ou 15 (SAMU) ou 112 (N° d’urgence européen).

Ne réintégrez votre logement qu’après le passage d’un spécialiste : il détectera l’appareil en cause et vous donnera les consignes pour sécuriser votre installation.

Les “10 commandements” pour passer un hiver en pleine forme…

Mangez !

Plus que jamais votre alimentation doit être équilibrée ! Privilégiez notamment les sucres lents (céréales, pâtes, pains), les légumes et les fruits (pour faire le plein de vitamines)…

Buvez !

N’attendez pas d’avoir soif ! Même en hiver il faut s’hydrater suffisamment…

Bougez !

Pas question de rester tout l’hiver au coin du feu : l’activité physique booste l’énergie et renforce l’immunité. Mais, bien sûr, pas de sports violents et attention aux chutes…

Soufflez !

Ménagez-vous chaque jour des moments de détente et de calme pour chasser le stress…

Dormez !

Ne vous transformez pas en marmotte, mais respectez votre rythme biologique (nombres d’heures de sommeil, heure du coucher). Un repas léger le soir et une tisane pourront vous aider à trouver le sommeil…

Nettoyez !

Se laver les mains plusieurs fois par jour permet d’éviter la transmission des microbes…

Protégez !

Couvrez-vous bien : plusieurs couches de vêtements, écharpe (bien protéger le cou est important), gants, bonnet… Hydratez votre peau avec une crème et mettez du stick sur les lèvres.

Aérez !

Même s’il gèle dehors, ouvrez la fenêtre minimum 5 minutes, matin et soir, pour assainir l’atmosphère, éliminer la poussière et renouveler l’air ambiant…

Vérifiez !

Vous devez impérativement faire contrôler et entretenir vos installations de chauffage une fois par an. Et pensez-y avant que le thermomètre ne commence à chuter…

Anticipez !

Ne prenez pas de risques inutiles, faites régulièrement contrôler votre tension artérielle, ne négligez pas la survenue du moindre épisode fébrile ou de tout autre symptôme inhabituel…

Pas question d’hiberner dès l’arrivée des premiers frimas, même pendant la grossesse ! Sachez tout de même que le Code du Travail stipule qu’une femme enceinte ne peut pas travailler en extérieur à une température inférieure à 0°C. Au quotidien, respectez les mesures de précaution, redoublez de vigilance et n’hésitez pas à consulter votre médecin au moindre problème…

 

 

Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)

 

Source : www.inpes.sante.fr - www.univ-paris5.fr - www.cngof.asso.fr - www.inrs.fr - www.inspq.qc.ca - www.acog.org

Mise à jour le Jeudi, 05 Janvier 2012 11:04