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IVG : comment ça se passe ?

IVG : comment ça se passe ?

Légalisée en France depuis 1975, sous l’impulsion de Simone Veil, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est strictement encadrée. Quelles sont les conditions d’accès ? Quelles sont les étapes du parcours de soins ? Existe-t-il des risques ? Combien ça coûte ? Explications...

Qui peut avoir recours à une IVG ?

En France, la loi permet à toute femme enceinte, qui s’estime placée dans une situation de détresse, de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse.

 

Qu’elle soit majeure ou mineure, elle seule peut faire cette demande.

 

Une jeune fille mineure doit cependant avoir l'autorisation de l'un de ses parents (ou représentant légal). Mais si elle souhaite garder le secret, elle doit alors se faire accompagner par une personne majeure de son choix (adulte de son entourage ou membre du

planning familial, par exemple).

Dans notre pays, une IVG peut être pratiquée légalement jusqu’à 12 semaines de grossesse (soit 14 semaines depuis le 1er jour des dernières règles).

 

Si vos cycles sont irréguliers ou si vous n’êtes pas sûre de la date de vos dernières règles, une échographie permettra de préciser l’âge de la grossesse.

 

Quelle que soit la méthode utilisée (chirurgicale ou médicamenteuse), l’IVG ne peut être pratiquée que par un médecin.

2 consultations médicales et un entretien psycho-social préalables

Deux consultations avec un médecin sont nécessaires avant une IVG.

 

Un délai de réflexion de 7 jours est obligatoire entre les deux.

 

Si la première consultation a lieu précocement, cela augmente les possibilités pour choisir la méthode.

La première consultation

Le médecin réalise un examen clinique, vous explique les différentes méthodes d’IVG, vous informe sur les risques et les effets secondaires éventuels.

 

Il doit également vous remettre un guide sur l’IVG, qui comprend tous les renseignements utiles.

 

Il peut également vous proposer un dépistage de maladies sexuellement transmissibles (VIH, hépatite…), réaliser un frottis du col de l’utérus et vous prescrire un futur mode de contraception.

 

N’hésitez pas à lui poser des questions ! Et pensez à lui signaler le moindre symptôme qui vous inquiète (douleurs, brûlures, démangeaisons, pertes vaginales…) !

 

Sachez-le aussi ! Votre médecin n'est pas tenu de prendre en charge lui-même la demande d'IVG, mais il doit vous en informer immédiatement et vous communiquer le nom de confrères susceptibles de réaliser l'intervention.

 

Attention : il est conseillé de prendre rendez-vous le plus tôt possible, compte tenu des délais d'attente !

La deuxième consultation

Elle a donc lieu 7 jours minimum après la première.

 

Ce délai peut toutefois être réduit, si le seuil des 12 semaines de grossesse risque d'être dépassé.

 

Si le médecin est habilité à pratiquer l’IVG, il peut dès lors la réaliser. Mais si vous souhaitez la faire pratiquer par un autre praticien, il doit vous délivrer un certificat attestant que vous vous êtes conformée aux consultations préalables.

L’entretien psycho-social

Il est proposé à toute femme qui envisage une IVG.

 

Il est obligatoire pour une jeune fille mineure : une attestation, indispensable pour procéder à l'IVG, lui est remise.

 

Il est mené par une conseillère conjugale (ou dans un centre de planification familiale, ou un service social) : l’objectif est d’apporter une assistance et des conseils adaptés à chaque situation.

 

Il a lieu en principe dans la semaine suivant la première consultation médicale, et au plus tard 48 heures avant l'IVG.

2 méthodes d’IVG possibles

La méthode chirurgicale par aspiration

Cette intervention peut être réalisée jusqu’à 12 semaines de grossesse maximum (délai légal).

 

Elle se pratique dans un hôpital ou une clinique, en ambulatoire (vous ne restez que quelques heures dans l’établissement, sans y passer la nuit).

 

Après dilatation du col de l’utérus, le médecin introduit une canule d’aspiration. Dans certains cas, un médicament est administré quelques jours ou quelques heures avant l’intervention pour faciliter l’ouverture du col.

 

L’IVG peut se faire sous anesthésie locale ou générale : le médecin déterminera avec vous la solution la plus adaptée à votre situation. Sachez qu’en cas d’anesthésie générale, une consultation avec l’anesthésiste est obligatoire avant l’intervention.

La méthode médicamenteuse

Elle peut être réalisée sans hospitalisation jusqu’à la fin de la 5ème semaine de grossesse, ou dans un établissement de soins (hôpital ou clinique) jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse.

 

Elle consiste à prendre 2 médicaments différents à 2 jours d’intervalle.

 

Le premier médicament (mifépristone) aide l’utérus à se contracter et favorise l’ouverture du col. Attention : il faut impérativement prendre la suite du traitement, même si un saignement se produit, car celui-ci ne signifie pas que la grossesse est déjà arrêtée.

 

Deux jours plus tard, un autre médicament (prostaglandine) provoque des contractions de l’utérus et déclenche l’expulsion. Celle-ci se manifeste par des saignements plus abondants que des règles normales. Des antalgiques sont administrés en cas de douleurs provoquées par les contractions. Cette seconde phase de l’IVG se fait généralement au cours d’une courte hospitalisation (environ 3 heures), ou éventuellement à domicile si vous habitez à proximité de l’établissement de santé.

Dans les deux cas…

Une contraception efficace doit être impérativement mise en place le jour même de l’IVG.

 

Une visite de contrôle est obligatoire, entre le 14ème et le 21ème jour, pour vérifier que l’interruption de grossesse a bien été complète, et qu’il n’existe pas d’infection ou de saignements anormaux.

 

En cas de grossesse persistante, le médecin doit alors procéder à une aspiration de complément ou administrer une prise supplémentaire de prostaglandines.

Quelles sont les éventuelles complications ?

Toute intervention ou traitement comporte des risques, l’IVG ne fait pas exception à la règle, même si les complications possibles sont très rares.

 

Avec la méthode chirurgicale par aspiration, dans moins de 1% des cas, on observe une perforation de l’utérus, une déchirure du col ou une hémorragie. Très exceptionnellement, des plaies des organes voisins (intestins, vaisseaux sanguins, voies urinaires…) peuvent se produire, nécessitant une intervention dans le même temps opératoire. Enfin, une infection utérine ou une rétention de fragments de la grossesse sont aussi possibles.

 

En ce qui concerne la méthode médicamenteuse, le risque principal est une hémorragie abondante qui peut nécessiter la réalisation d’une aspiration (ou curetage) en urgence.

 

Dans environ 5% des cas, il existe une grossesse persistante ou une rétention d’une partie de l’oeuf (qui peut nécessiter une aspiration pour évacuer les fragments).

 

Pour les deux méthodes, les complications précédemment décrites peuvent exceptionnellement entraîner des difficultés pour être à nouveau enceinte, un risque vital ou des séquelles graves. Les conséquences psychologiques varient d’une femme à l’autre, et dépendent aussi du contexte dans lequel a été réalisé l’IVG. Quant à l’impact des IVG à répétition, notamment sur le déroulement des grossesses ultérieures, il est moins bien connu.

 

Attention ! Certains risques peuvent être favorisés par votre état de santé, vos antécédents médicaux ou par un traitement pris avant l’intervention : n’oubliez pas d’en informer le médecin qui pratiquera l’IVG !

 

De retour à la maison, consultez en urgence si vous remarquez un des signes suivants :

  • Fièvre supérieure à 38°C.
  • Violentes douleurs abdominales.
  • Saignements plus abondants que les règles.
  • Pertes vaginales malodorantes.
  • Sensation de malaise.

Et même si tout va bien, ne “zappez” pas la visite de contrôle !

Une prise en charge à 100%

Le prix d’une IVG varie entre 200 et 450 euros, selon la méthode (chirurgicale ou médicamenteuse) et selon le lieu (hôpital ou cabinet médical).

 

Depuis le 31 mars 2013, ce coût est remboursé à 100% pour toutes les femmes.

 

Jusqu’alors, seules les mineures bénéficiaient d’une prise en charge totale.

Où vous informer ?

Plusieurs organismes vous donneront tous les renseignements utiles :

  • Les permanences téléphoniques régionales d’information sur la contraception et l’IVG.
  • Les centres de planification ou d’éducation familiale.
  • Les établissements d’information, de consultation et de conseil familial.

Les coordonnées de ces organismes, ainsi que d’autres informations, sont disponibles sur le site : www.sante.gouv.fr/ivg-avortement-interruption-volontaire-de-grossesse. Vous pouvez aussi télécharger le guide sur l’IVG, édité par le Ministère de la Santé, à l’adresse suivante : www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/BD-IVG-25oct2012.pdf. Et bien sûr, votre médecin saura vous conseiller et vous accompagner dans votre démarche : n’hésitez pas à lui faire part de vos interrogations !

Plus de 200 000 IVG sont pratiquées chaque année dans notre pays, dont environ 10 000 chez les adolescentes. Des chiffres, bien trop élevés, qui doivent inviter les professionnels de santé à renforcer l’information et l’éducation sur la contraception, notamment chez les plus jeunes. Ne l’oubliez pas, l’IVG n’est pas une méthode contraceptive !

 

Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)

 

Sources : www.sante.gouv.fr - www.has-sante.fr - www.syngof.fr - www.cngof.asso.fr

Mise à jour le Mercredi, 15 Mai 2013 15:07