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L’amniocentèse

L’amniocentèse

L’amniocentèse consiste à prélever, par l’intermédiaire d’une aiguille, une petite quantité du liquide amniotique qui entoure le foetus dans l’utérus. Cette ponction permet d’analyser les chromosomes du bébé, pour détecter notamment une trisomie 21 ou d’autres maladies génétiques. Découvrez comment va se dérouler cet examen qui concerne 5 à 10% des femmes enceintes…

Dans quels cas une amniocentèse est-elle proposée ?

Cet examen est réalisé quand il existe un risque de maladie génétique chez le foetus :

  • En cas de malformation détectée à l’échographie.
  • En cas de test de dépistage échographique (mesure de la nuque du foetus) et/ou sanguin (dosages des marqueurs) de la trisomie 21 révélant un risque supérieur à 1 sur 250.
  • En cas de grossesse après 38 ans, en raison de l’augmentation du risque d’anomalie chromosomique liée à l’âge.
  • En cas de maladies génétiques dans la famille.


L’amniocentèse peut être aussi utile lors de certaines infections maternelles pouvant atteindre le foetus, comme par exemple la toxoplasmose.


Elle est généralement effectuée entre la 15ème et la 17ème semaine d’aménorrhée (c’est à dire, à 3 mois – 3 mois et demi de grossesse), mais si nécessaire elle peut se pratiquer à tout moment, à condition qu’il y ait suffisamment de liquide à prélever.


Attention ! Lorsque l’analyse porte sur les chromosomes ou l’ADN, conformément à la législation régissant les tests génétiques, vous devez signer avant l’examen un document attestant votre accord.

Quelles sont les informations recherchées ?

L’analyse du liquide permet de réaliser un “caryotype” : il s’agit de compter et d’analyser les chromosomes dans les cellules du foetus.

Nous avons normalement 46 chromosomes, mais certaines maladies se caractérisent par un nombre anormal (par exemple, 47 en cas de trisomie 21).


D’autres maladies génétiques (par exemple, la mucoviscidose ou la drépanocytose) peuvent être aussi dépistées.


Il est également possible de doser des substances présentes dans le liquide amniotique pour confirmer certaines malformations (par exemple, le spina bifida qui concerne la moelle épinière) ou certaines infections (par exemple, la toxoplasmose).


Mais sachez que l’amniocentèse ne permet pas de dépister toutes les anomalies ou malformations.

Comment se passe l’examen ?

Il se pratique en ambulatoire, c’est à dire sans hospitalisation.


Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.


Après désinfection de la peau du ventre, une aiguille (comme celle des injections intramusculaires, mais plus longue) est introduite jusque dans la cavité amniotique dans laquelle baigne le foetus.


Le positionnement de l’aiguille est contrôlé par échographie, pour éviter une lésion du foetus.


Une fois l’aiguille en place, environ 20 millilitres de liquide sont aspirés avec une seringue.


N’ayez crainte, la piqûre est pratiquement indolore !


L’examen est généralement rapide (2 à 3 minutes), mais peut être parfois plus difficile à réaliser (par exemple en cas d’obésité).


Si votre sang est rhésus négatif, une injection intraveineuse d’immunoglobulines “anti-D” est systématique après l’examen, pour éviter une incompatibilité entre vos cellules et celles du bébé.


Le liquide recueilli lors de l’amniocentèse est ensuite transmis au laboratoire : en fonction des analyses demandées, le délai pour connaître les résultats peut aller de 2 jours à 3 semaines. Seul votre médecin est habilité à vous les communiquer, et il vous donnera en même temps toutes les explications nécessaires.


Dans 1% des cas environ, le prélèvement ou l’analyse du liquide sont impossibles : une nouvelle tentative est alors généralement proposée.

Existe-t-il des risques ?

Une fausse-couche peut survenir en cas d’infection ou de déchirure du sac amniotique. Ce risque est d’environ 0,8% et persiste pendant les 2 à 3 semaines suivant l’examen. Les lésions du foetus par l’aiguille sont devenues excessivement rares depuis la mise en place d’un contrôle échographique permanent pendant l’examen.


Lorsque l’amniocentèse est faite tardivement au cours de la grossesse, il existe un risque d’accouchement prématuré, avec possibilité de séquelles pour le bébé, voire de décès.


Très exceptionnellement, des infections graves peuvent atteindre la future maman ou le foetus.


Attention ! Certaines complications peuvent être favorisées par votre état de santé ou par un traitement pris avant l'examen. Il est notamment impératif d'informer le médecin de tout problème récent et des médicaments que vous prenez.


Mais sachez que les risques sont limités au maximum, dès lors que l’examen est pratiqué par un obstétricien expérimenté, sous contrôle échographique et en respectant scrupuleusement les mesures d’hygiène.

Quelles sont les précautions à prendre après l’examen ?

Dans les 24 heures qui suivent l’amniocentèse, il est conseillé d’avoir une activité physique modérée.


Une journée de repos à domicile est généralement suffisante. Un arrêt de travail plus long est rarement nécessaire.


Sauf cas particulier, aucun traitement complémentaire n’est prescrit.


Par prudence, mieux vaut reporter d’une quinzaine de jours tout projet de voyage.


Contactez immédiatement votre médecin si vous avez :

  • Des contractions utérines répétées, douloureuses ou non.
  • Des pertes vaginales.
  • Des écoulements de sang.
  • De la fièvre.

Redoutée par la plupart des femmes enceintes, l’amniocentèse est conseillée par le médecin quand il la juge nécessaire, mais la décision de pratiquer cet examen ou non vous revient. Dans tous les cas, il est particulièrement important d’en parler avec le futur papa et votre obstétricien, en sachant que la découverte d’une anomalie chromosomique posera nécessairement la question d’une interruption médicale de grossesse…



Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)


Sources : www.cngof.asso.fr - www.syngof.fr - www.has-sante.fr - www.uvp5.univ-paris5.fr - www.sogc.org

Mise à jour le Lundi, 30 Avril 2012 14:19