Je me connecte




Mot de passe oublié ?

Obésité et grossesse

vitamine B9

Véritable fléau mondial et problème de santé publique, l’obésité ne cesse de progresser en France où elle touche notamment les femmes en âge de procréer. Or le surpoids peut diminuer la fertilité, et de graves complications risquent de survenir, mettant en péril la santé de la future maman ou de son bébé. D’où l’importance d’une prise en charge spécifique avant et pendant la grossesse…

Qu’appelle-t-on surpoids et obésité ?

Le surpoids et l’obésité correspondent à une accumulation anormale ou excessive de graisse dans le corps.


L’IMC (indice de masse corporelle) permet de les définir : pour le calculer il suffit de diviser le poids (en kg) par la taille (en m) au carré. Par exemple si vous pesez 70 kg mesurez 1,60 m, votre IMC est égal à : 70 / 1,60 x 1,60 = 27,3


Le surpoids se définit par un IMC compris entre 25 et 30, et l’obésité par un IMC supérieur à 30.

Entre 18,5 et 25 la corpulence est normale, et en dessous de 18,5 on parle de maigreur.


L’IMC conditionne la prise de poids conseillée pendant la grossesse : 7 à 9 kg en cas de surpoids, et 5 à 7 kg en cas d’obésité.

Si la corpulence est normale, la fourchette est par contre de 10 à 12 kg.


Dans tous les cas, ne vous “noyez” pas trop dans les chiffres et suivez les conseils de votre médecin !

Quelles complications possibles chez la future maman ?

Infertilité

Les troubles du cycle, notamment sans ovulation, sont plus fréquents chez les femmes obèses.

L’obésité agit donc défavorablement sur la fertilité et augmente le risque de fausse couche précoce.

Hypertension artérielle

Une femme obèse a 2 à 5 fois plus de risques de développer une hypertension artérielle pendant sa grossesse, ainsi que les complications qui peuvent en découler.

Diabète gestationnel

Le risque de survenue d’un diabète pendant la grossesse est multiplié par 2 à 6 en cas de surpoids, et à plus de 10 en cas d’obésité sévère.

Problèmes veineux

L’obésité augmente de 2 à 5 le risque de survenue d’une phlébite (caillot de sang dans une veine), voire d’une embolie pulmonaire.

Problèmes respiratoires

L’excès de poids favorise par exemple l’apparition d’apnées du sommeil, et leurs conséquences néfastes sur la santé de la femme enceinte et du foetus.

Quels risques éventuels pour le bébé ?

Poids de naissance élevé

La macrosomie (poids de naissance du bébé supérieur à 4 kg) est plus fréquente chez les mères obèses, même s’il n’existe pas de diabète associé.
Une prise de poids trop importante pendant la grossesse augmente ce risque.

Malformations

L’obésité accroît par exemple le risque de spina bifida (malformation de la colonne vertébrale et de la moelle épinière, appelée aussi défaut de fermeture du tube neural) ou de malformations cardiaques.

Mort du foetus

L’obésité augmente le risque de mort foetale in utero (mort du foetus dans l’utérus), et ce indépendamment des complications comme le diabète ou l’hypertension.

Quelles conséquences lors de l’accouchement ?

L’accouchement se révèle plus complexe chez la femme obèse.


Le monitoring foetal (contrôle du rythme cardiaque du foetus) est plus difficile à réaliser en raison de l'épaisseur de la paroi abdominale de la maman.


Les échecs de l’anesthésie péridurale s’observent plus souvent.


Le recours à une césarienne est beaucoup fréquent en cas d’obésité, et il existe un risque accru de complications.

Une prise en charge avant d’être enceinte !

Toute femme obèse en âge de procréer devrait être informée par son médecin des risques encourus en cas grossesse, et donc de la nécessité de perdre du poids en prévision d’être enceinte.


Réduire la surcharge pondérale favorise l’ovulation, augmente la fertilité et diminue le risque de complications lors d’une grossesse à venir : cet objectif est primordial !

Une prise en charge médicale de l’obésité est recommandée avant toute grossesse et tentative de traitement de la stérilité.


Elle comprend des règles diététiques et la mise en route d’une activité physique régulière. En cas d’obésité sévère, une intervention chirurgicale (anneau gastrique, bypass) peut être réalisée, mais la grossesse ne pourra s’envisager que 12 à 18 mois après l’opération.


Une supplémentation en vitamine B9 (appelée aussi acide folique ou folate) est prescrite par le médecin.


Parallèlement, un bilan général est effectué, pour rechercher l’existence éventuelle de maladies liées à l’obésité, et estimer leur gravité : diabète, hypertension artérielle, problèmes cardiaques, troubles hépatiques ou thyroïdiens, etc…


Les patientes présentant ce type de problèmes devront bénéficier d’un suivi par différents spécialistes (cardiologue, endocrinologue, etc…), avant et pendant toute la grossesse, en étroite collaboration avec le gynécologue-obstétricien.

Une grossesse sous haute surveillance !

Pendant 9 mois, la prise de poids doit être maîtrisée et contrôlée régulièrement : en fonction de l’IMC, elle ne doit pas dépasser 5 à 9 kg.


Une alimentation adaptée et une activité physique modérée régulière doivent permettre de rester dans les limites conseillées.


Mais attention : pas de régime draconien ! Une perte de poids est souhaitable avant et après, mais pas pendant la grossesse.


La surveillance obstétricale vise aussi à dépister le plus tôt possible la survenue de complications.


Un diabète est recherché dès le 1er trimestre de la grossesse par une glycémie à jeun (dosage du taux de sucre dans le sang) prescrite lors de la première consultation.


La tension artérielle est très régulièrement contrôlée, de même que la recherche d’une protéinurie (présence de protéines dans les urines), en raison du risque de prééclampsie qui nécessite des mesures d’urgence !

Au 3ème trimestre le suivi est généralement renforcé, avec surveillance à domicile de la tension artérielle et de la protéinurie.

Pour plus d’infos sur l’hypertension pendant la grossesse, n’hésitez pas à lire l’article consacré à ce sujet !


Les risques de malformation du bébé imposent des échographies plus fréquentes, et réalisées avec une grande précision.

Mais l’épaisseur de la paroi abdominale de la maman diminue la visualisation de l’anatomie du foetus, nécessitant parfois l’utilisation d’une sonde dans le vagin.

Une estimation du poids du foetus durant le dernier mois de la grossesse permet de détecter une macrosomie (gros bébé) et d’anticiper d’éventuelles complications lors de l’accouchement.

Et après l’accouchement ?

Un suivi à long terme de la maman et de son bébé s’impose.


Pour la maman, il s’agit de prévenir l’aggravation de l’obésité et de surveiller l’évolution d’éventuelles complications (diabète, hypertension…).


Et son enfant présentant plus de risques de développer une obésité et des troubles métaboliques, la surveillance médicale (courbe de poids, examens complémentaires…) doit être rigoureuse.

Le surpoids diminue les chances d’avoir un enfant et augmente les risques de complications pendant la grossesse. Mais attention aux régimes déséquilibrés et non contrôlés ! Raison pour laquelle les spécialistes insistent particulièrement sur l’importance de la consultation préconceptionnelle, qui permet de donner les conseils adaptés et de mettre en place un suivi personnalisé. Alors si vous souhaitez avoir un bébé, parlez-en sans tarder à votre médecin !



Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)


Sources : www.cngof.asso.fr - www.medecine.univ-paris5.fr - www.has-sante.fr - www.academie-medecine.fr - www.sogc.org - www.acog.org - www.rcog.org.uk - www.who.int

Mise à jour le Lundi, 13 Février 2012 09:46