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L’homéopathie chez la femme enceinte

homeopathie

Médecine "douce" préférée des Français, l'homéopathie peut être utilisée pour traiter certains petits problèmes courants de la grossesse. De nombreux médicaments étant contre-indiqués chez la femme enceinte, elle constitue une alternative thérapeutique intéressante, malgré les doutes émis par certains scientifiques…

L'homéopathie en quelques mots…

Les débuts de l'homéopathie remontent à la fin du XVIIIe siècle : un médecin allemand, le Docteur Samuel Hahnemann, découvre qu'une préparation à base de quinine est capable de provoquer aussi bien de la fièvre, chez des personnes en bonne santé, que de soigner des fièvres tropicales. La "première pierre" de l'homéopathie était posée…

 

Cette médecine repose sur trois principes majeurs. D'une part, "la similitude" : toute substance déclenchant des symptômes chez un sujet sain serait capable de les guérir chez un malade. D'autre part, "l'infinitésimalité" : les médicaments homéopathiques contiennent des substances actives à très faible dose. Et enfin, "la globalité" : il s'agit de traiter le malade dans son ensemble et non pas uniquement la maladie.

 

Les préparations homéopathiques se présentent sous différentes formes : granules et globules (présentés dans de petits tubes), crèmes, pommades, gouttes et sirops.

 

Mais que contiennent ces médicaments aux noms "bizarres" et comment sont-ils fabriqués ?

Ils sont élaborés à partir de substances minérales, végétales ou animales qui subissent plusieurs dilutions successives (dans un mélange eau/alcool), avec des secousses entre chaque dilution.

C'est pourquoi sont indiqués sur l'étiquette : le nom latin de la substance (Ipeca, Sepia, Nux Vomica…), suivi d'un chiffre et des lettres "CH" (par exemple "5CH" signifie qu'une dose de substance active a été diluée dans 99 doses d'eau, puis une dose de ce mélange a été à nouveau diluée dans 99 doses d'eau, et ainsi de suite… 5 fois en tout).

 

L'homéopathe cherche à traiter le "terrain", c'est à dire le corps dans son ensemble. Ceci explique pourquoi, lors de la consultation, l'interrogatoire est long et détaillé, avec parfois des questions qui ne semblent pas, a priori, en rapport direct avec les symptômes.

 

Diverses pathologies, aigües ou chroniques, peuvent être soignées par homéopathie : les troubles "fonctionnels" (digestifs, urinaires, neuro-végétatifs…), les douleurs, les allergies, les affections dermatologiques (eczéma, psoriasis…), la fatigue, le stress... Elle est efficace, dans certains cas, pour prévenir ou traiter les infections à répétition (ORL, urinaires…) et renforcer globalement les défenses de l'organisme.

 

Elle s'adresse aux patients de tous âges (enfants, adultes, personnes âgées). Elle a plusieurs indications en gynécologie (syndrome prémenstruel, bouffées de chaleur, mycoses…) et les femmes enceintes peuvent en bénéficier.

 

Les homéopathes "sérieux" connaissent leurs limites et ne prétendent pas guérir toutes les maladies. Certaines ne font pas partie de leur domaine d'activité : par exemple, les cancers, les infarctus, les urgences chirurgicales ou d'autres pathologies graves. Mais l'homéopathie peut intervenir en complément : pour atténuer les effets secondaires de traitements lourds (chimiothérapie…), lutter contre la fatigue, soulager les douleurs…

 

Il existe peu de contre-indications : les médicaments homéopathiques à éviter pendant la grossesse sont extrêmement rares. Par ailleurs, aucun effet secondaire majeur et aucune interaction avec des médicaments allopathiques n'ont été signalés à ce jour. Ne vous inquiétez pas, un homéopathe dument formé ne vous fera courir aucun risque.

 

Et avant de consulter, parlez-en à votre gynécologue ou votre sage-femme !

Une médecine "reconnue", mais controversée…

L'homéopathie est reconnue par le Conseil de L'Ordre des Médecins depuis 1997. Jusque là, elle n'était que tolérée, mais les médicaments homéopathiques bénéficiaient d'un statut officiel depuis 1965 (sans doute le paradoxe français !).

 

Elle ne fait cependant pas l'unanimité au sein du corps médical. Il reste encore quelques détracteurs, Académie de Médecine en tête, qui reprochent l'absence de preuves scientifiques de son efficacité : pour eux, l'homéopathie s'apparente à un placébo.

 

Dans la pratique, les débats passionnés tendent à laisser la place à une approche plus pragmatique : homéopathie et allopathie peuvent se compléter, en respectant leurs indications et leurs limites.

 

Plusieurs facultés de médecine proposent un diplôme universitaire (DIU) d'homéopathie (2 années d'études réservées aux médecins).

 

En France, l'homéopathie est pratiquée par plus de 5000 médecins et les services hospitaliers (y compris les CHU) l'utilisent de plus en plus.

 

4 personnes sur 10 déclarent avoir déjà eu recours à cette médecine…

 

L'homéopathe pourra intervenir à chaque étape de votre grossesse, en complément du suivi assuré par le gynécologue ou la sage-femme, avec lesquels il devra travailler en étroite collaboration.

Avant d'être enceinte…

L'homéopathie peut être utile en cas de cycles irréguliers : notamment lorsqu'il existe un dysfonctionnement hormonal temporaire après l'arrêt de la pilule.

 

Elle peut apporter aussi une aide au sevrage tabagique (le traitement pouvant être poursuivi pendant la grossesse).

 

Certains homéopathes conseillent de consulter avant la conception, ou en tout début de grossesse : la mise en route d'un "traitement de fond" permettrait d'atténuer les troubles fréquents chez la femme enceinte et de renforcer ses défenses immunitaires.

 

Mais n'oubliez pas : l'homéopathie ne fait pas de miracles, ne saurait vous garantir contre tout problème et ne vous dispense pas des consultations médicales classiques !

Soulager certains maux de la grossesse…

L'homéopathie peut traiter toute une série de problèmes fréquents chez la femme enceinte : les troubles digestifs (nausées et brûlures d'estomac), les gênes urinaires, l'insuffisance veineuse (jambes lourdes, varices, hémorroïdes), les crampes, les douleurs mécaniques (lombalgies, sciatiques, pathologies tendineuses ou ligamentaires…), les troubles du sommeil et le stress.

 

Attention : certains symptômes survenant pendant la grossesse peuvent correspondre à des pathologies potentiellement graves (infection, hypertension…) qui nécessitent un traitement allopathique (médicaments classiques) et pour lesquelles l'homéopathie ne suffirait pas.

Par ailleurs, les consultations avec un homéopathe ne vous dispenseront pas du suivi obstétrical régulier.

Préparer l'accouchement…

Le traitement homéopathique, prescrit en fin de grossesse, aura pour but d'assouplir le col de l'utérus, de faciliter sa dilatation et de réduire le temps de travail.

 

Bien sûr, il ne remplacera pas les séances, plus globales, de "préparation à la naissance" réalisées par la sage-femme ou le gynécologue.

 

Il ne se substituera pas non plus à la prise en charge habituelle en salle de travail (péridurale et autres traitements).

Après la naissance…

L'homéopathie permettra de soulager les tranchées utérines (contractions douloureuses survenant après l'accouchement).

 

Elle agira aussi sur les douleurs périnéales résiduelles, survenant généralement après une césarienne, une épisiotomie ou un accouchement difficile.

 

D'autres problèmes fréquents pourront aussi bénéficier d'un traitement homéopathique : par exemple, les troubles veineux, les gênes urinaires, la fatigue ou même le "baby blues".

 

Si vous allaitez votre bébé, l'homéopathie pourra être utile pour diminuer les douleurs de la montée laiteuse, traiter certaines complications (engorgement mammaire, crevasses…) ou apporter une aide lors du sevrage.

 

Dans diverses situations, l'homéopathie contribuera donc à vous remettre en forme après la naissance de bébé, mais ne se substituera pas systématiquement aux traitements allopathiques et ne vous dispensera pas des séances de rééducation périnéale.

Sur le plan pratique…

Avant de vous traiter par homéopathie, demandez l'avis de votre médecin traitant, de votre gynécologue ou de votre sage-femme : ils vous confirmeront que vous pouvez y avoir recours et sauront vous adresser à un praticien de confiance.

 

La consultation dure généralement un peu plus longtemps qu'en médecine générale traditionnelle, l'homéopathe pratiquant un interrogatoire et un examen approfondis. Il existe quelques contraintes : les médicaments homéopathiques doivent être pris à distance des repas (1 heure avant ou 2 heures après) et l'absorption de produits mentholés doit être évitée.

 

Attention : n'arrêtez jamais votre traitement allopathique (médicaments classiques) sans avis médical !

 

De même, ne renouvelez pas une prescription homéopathique sans avoir pris conseil auprès du médecin.

 

La consultation de l'homéopathe est remboursée à 70% par l'Assurance Maladie, sur la base du tarif conventionné. Le complément étant généralement pris en charge par les mutuelles (pour tout ou partie, sachant que le prix peut varier selon que le médecin pratique ou non un dépassement d'honoraires).

 

Les médicaments homéopathiques ne sont remboursés qu'à 35% par l'Assurance Maladie, mais ils ne sont pas très onéreux.

Même si les petites granules blanches vous semblent d'un maniement facile et dénuées de risques, pas d'automédication ! Consultez un médecin homéopathe : lui seul pourra établir un diagnostic précis, de façon à vous prescrire le traitement adapté à votre problème et votre profil.

 

 

Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)

 

 

Sources : www.smb-fr.com - www.inhfparis.com - apmh.asso.fr - www.lesjfm.com

Mise à jour le Vendredi, 19 Novembre 2010 10:33
 
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