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L'anesthésie générale

Anesthésie générale

Le développement des anesthésies locorégionales, notamment la péridurale, a entrainé une utilisation moindre de l'anesthésie générale. Celle-ci reste cependant incontournable pour certains accouchements difficiles ou lorsque les autres techniques ne sont pas réalisables.

Qu'est-ce qu'une anesthésie générale ?

L'anesthésie générale a pour but de vous endormir complètement et de supprimer la douleur occasionnée par les gestes de l'obstétricien : vous ne vous rendez compte de rien !


C'est la plus ancienne méthode d'anesthésie, largement utilisée en chirurgie.


Elle est très rapide à mettre en place puisqu'il s'agit d'une simple injection intraveineuse : les produits agissent directement sur le cerveau en quelques secondes. Elle est donc particulièrement adaptée en cas d'urgence.


Quand elle est nécessaire pour un accouchement, elle est pratiquée le plus tard possible afin d'éviter une exposition trop longue du bébé aux produits anesthésiants.

Elle est généralement commencée lorsque la dilatation est bien avancée : mais après l'injection vous vous endormez quasi instantanément !

Dans quels cas est-elle utilisée ?

D'une part, l'anesthésie générale s'impose quand la péridurale est impossible à réaliser : notamment en cas de troubles de la coagulation du sang, d'infections (locales ou générales), de maladies neurologiques, de malformations de la colonne vertébrale ou même de tatouages situés au niveau de la zone d'injection.


D'autre part, elle est utilisée pour certains accouchements particulièrement difficiles, les césariennes pratiquées en urgence, les décollements manuels du placenta, les révisions utérines, les réfections d'épisiotomie ou de déchirure périnéale.


L'anesthésie générale est parfois programmée, notamment lorsque les difficultés de l'accouchement sont prévisibles. Dans certains cas, elle est décidée en urgence, pendant le travail, si la future maman souffre trop (parfois malgré la péridurale) et que son état d'épuisement compromet sa santé ou celle du bébé. La survenue de complications imprévues peut aussi imposer la mise en place d'une anesthésie générale à tout moment de l'accouchement.

La consultation d'anesthésie : obligatoire !

La consultation avec le médecin anesthésiste est une obligation légale avant tout acte chirurgical : elle a lieu 4 à 6 semaines avant la date prévue de l'accouchement.


De façon à bien connaître votre état de santé, pour pratiquer l'anesthésie en toute sécurité, il vous interroge, vous examine et vous prescrit des examens complémentaires.


Au cours de cet entretien, le médecin vous explique les avantages et les risques des différentes techniques. N'hésitez pas à poser des questions !


Le médecin anesthésiste qui vous endormira n'est pas obligatoirement celui que vous avez vu en consultation, mais ce dernier lui a transmis votre dossier avec toutes les précautions à prendre : ne vous inquiétez pas !


Si vous avez oublié de communiquer une information (traitement en cours, allergie, maladie, etc…) pendant la consultation, pensez à le signaler à l'infirmière ou à l'anesthésiste quand ils passeront dans votre chambre, juste après votre admission !

Comment se déroule une anesthésie générale ?

Attention ! Vous devez être à jeun (ni manger, ni boire) pendant les six heures qui précèdent l'accouchement, car le contenu de l'estomac peut passer dans vos poumons pendant l'intervention et entrainer un risque d'asphyxie (d'autant que les femmes enceintes sont plus exposées). Vous ne devez pas fumer non plus… mais bien sûr, vous n'avez plus touché au tabac depuis l'annonce de la grossesse !


Juste avant l'accouchement, l'anesthésiste installe des appareils qui permettent de contrôler les fonctions vitales de votre organisme : notamment la respiration, le rythme du coeur et la tension artérielle.


Un cathéter (petite aiguille en plastique) est placé dans une veine du bras : cela permet de faire passer dans le sang les produits anesthésiques (pour vous endormir et obtenir un relâchement musculaire complet) et, si nécessaire, d'autres médicaments.


L'anesthésiste pratique aussi une intubation : il introduit un petit tube dans la gorge. Ce tube est relié à un appareil qui délivre l'oxygène et les gaz nécessaires : vous respirez alors de manière artificielle.


Mais ne vous inquiétez pas ! Pendant toute la durée de l'accouchement, le médecin et l'infirmière anesthésiste restent à vos côtés pour vous surveiller.


Toutes les précautions sont prises pour faciliter le travail de l'obstétricien, tout en réduisant les risques au maximum !

Juste après la naissance…

Pendant environ 2 heures vous êtes surveillée près de la salle d'accouchement. L'équipe médicale contrôle notamment la température, le rythme cardiaque et la tension artérielle : toute complication éventuelle peut ainsi être détectée.


Pendant la phase de réveil, des réactions sans gravité peuvent survenir : agitation, vomissements ou sensation de froid.


Lorsque vous êtes bien réveillé(e) et si tout va bien, on vous raccompagne dans votre chambre où les infirmières continueront à vous surveiller.


Après un accouchement long et difficile, certaines mères ont parfois un peu de mal à bouger dans les heures qui suivent : ne paniquez pas ! Ceci est dû à la compression de certains nerfs sur la table d'opération : tout rendre dans l'ordre en quelques jours. Il est recommandé de se lever doucement après le réveil, en raison du risque de vertiges et de chute de tension.


Si vous signalez des difficultés pour uriner, une sonde sera mise en place pour vous aider et vous soulager.


Une rougeur douloureuse au niveau de la veine dans laquelle les produits ont été injectés s'observe parfois.


Des démangeaisons passagères peuvent survenir lors de l'utilisation de la morphine. Il se peut que vous ayez des problèmes de mémoire ou de concentration pendant plusieurs heures après l'intervention : ces petits troubles disparaissent rapidement sans laisser de séquelles.


En passant, le tube peut entrainer une irritation de la gorge ou des cordes vocales : cela peut provoquer une gêne en avalant, une légère douleur ou un changement de voix…en général tout rentre dans l'ordre en quelques jours.


Enfin, l'anesthésie générale peut augmenter la fatigue normalement ressentie après l'accouchement, et ce pendant plusieurs semaines : ne vous inquiétez pas et n'hésitez pas à en parler à votre médecin traitant !

Quelques complications sont possibles chez la maman…

Tout acte médical, même conduit avec compétence et dans le respect des données acquises de la science, comporte un risque. Mais les conditions actuelles de surveillance de l'anesthésie et de la phase de récupération permettent de dépister rapidement les problèmes éventuels et de les traiter.


Les modifications physiologiques de la grossesse rendent l'anesthésie générale plus problématique chez la femme enceinte : le risque d'inhalation du contenu de l'estomac est augmenté et l'intubation est plus difficile à réaliser.


Des réactions allergiques aux produits anesthésiques peuvent survenir. Elles ne sont pas très fréquentes, mais le plus souvent imprévisibles. Elles s'avèrent parfois graves, nécessitant un traitement complémentaire en réanimation : d'où la nécessité de signaler une allergie connue à un médicament et d'en donner le nom précis.


Des problèmes respiratoires ou cardiaques peuvent se présenter, dans certaines circonstances particulières et exceptionnelles, notamment chez les personnes fragiles : là encore, grâce à la surveillance pendant l'accouchement, les médecins sont en mesure d'intervenir en urgence si nécessaire.


Des dents fragiles peuvent être endommagées au cours de l'intubation, d'où la nécessité de signaler tout problème à ce niveau lors de la consultation d'anesthésie.

Et pour le bébé ?

Le passage des produits anesthésiques à travers le placenta peut entraîner des problèmes respiratoires, voire neurologiques, chez le nouveau-né. Les risques augmentent, notamment, en cas d'accouchement prolongé, de césarienne en urgence ou de souffrance du foetus.


Rassurez-vous : l'étroite surveillance du bébé, pendant l'accouchement et juste après la naissance, permet de limiter les risques et d'intervenir immédiatement au moindre problème.

Dans la limite du possible, le recours à l'anesthésie locorégionale est privilégié lors des accouchements, en raison des effets secondaires liés à l'anesthésie générale, tant pour la femme enceinte que pour le bébé. Sans compter qu'en étant endormie, la future maman ne peut évidemment pas vivre pleinement la naissance…


Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)



Sources : www.sfar.org - www.alrf.asso.fr - www.cngof.asso.fr - www.cfar.org

 
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