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La césarienne…

césarienne

En France, une femme sur cinq accouche par césarienne. Leur nombre a fortement augmenté depuis quelques années et certains spécialistes s'inquiètent d'une utilisation parfois excessive. En principe, cette technique chirurgicale se pratique lorsque l'accouchement par les voies naturelles est impossible ou trop risqué, tant pour la maman que pour le bébé.

Une méthode ancestrale !

L'extraction du nouveau-né ne se fait pas par le vagin, mais à travers une incision de l'abdomen et de l'utérus.


L'origine du mot " césarienne " ne fait pas l'unanimité. Selon la légende, Jules César serait né de cette manière, d'où le nom donné à cette intervention. Les linguistes pensent qu'il vient du latin "caedere" qui veut dire "couper". Et la mythologie en a fait le mode de naissance des dieux…


C'est à partir du XVIème siècle que la césarienne fut pratiquée en cas de naissance difficile, mais avec un taux de mortalité élevé en raison d'hémorragies ou d'infections fréquentes.


Dès la fin du XIXème siècle, les progrès en matière d'hygiène rendirent cet acte chirurgical moins risqué.


Il faut attendre le XXème siècle, avec notamment la découverte de la pénicilline, pour que les complications soient réellement limitées.


De nos jours, ce mode d'accouchement est réalisé couramment, dans les conditions optimales de sécurité, avec néanmoins les risques inhérents à toute opération.

Pourquoi faire une césarienne ?

Cette intervention est nécessaire quand les conditions, chez la maman ou le foetus, ne permettent pas un accouchement par les voies naturelles.


La césarienne peut être programmée, lorsque les risques sont connus pendant la grossesse : maladie grave de la mère (hypertension, diabète…), herpès génital risquant de contaminer le bébé à la naissance, placenta mal placé, bassin trop étroit, foetus trop gros, mal positionné (présentation par le siège ou l'épaule) ou présentant un retard de croissance majeur.


Dans certains cas, elle sera décidée et réalisée en urgence : par exemple, si les contractions utérines sont inefficaces ou si le col ne se dilate pas durant l'accouchement, si le foetus montre des signes de souffrance (anomalie du rythme cardiaque) ou en cas de présentation gênant sa progression (par exemple si la tête se relève).

Comment se passe l'intervention ?

L'hospitalisation se fait généralement la veille, ce qui permet de faire les derniers contrôles et de pratiquer éventuellement une prémédication.


La césarienne est réalisée le plus souvent sous anesthésie locorégionale (péridurale ou rachianesthésie). Dans ce cas, la naissance est vécue par la maman comme dans un accouchement normal.

Une anesthésie générale est parfois nécessaire pour des raisons médicales : la décision est prise conjointement par l'anesthésiste et l'obstétricien.


L'ouverture de l'abdomen se fait le plus souvent par une incision horizontale, juste au dessus du pubis. La cicatrice sera pratiquement invisible, dissimulée dans les poils.

Dans certains cas particuliers, l'obstétricien pratiquera plutôt une incision verticale.


Puis l'ouverture de l'utérus permet d'extraire le nouveau-né, qui est immédiatement confié à la sage-femme ou au pédiatre.


Les parois de l'utérus et de l'abdomen sont ensuite suturées.


Pendant quelques heures, une surveillance est réalisée en salle de réveil ou en salle d'accouchement avant le retour dans la chambre.


Les désagréments postopératoires, tels que nausées ou vomissements, se révèlent bien plus rares après une péridurale que dans le cas d'une anesthésie générale.

Quelles sont les complications possibles ?

La césarienne est devenue une intervention courante, bien codifiée, dont le déroulement est simple dans la majorité des cas.


Cependant, contrairement à une idée trop souvent répandue, ce type d'accouchement ne garantit pas plus de sécurité pour la naissance. N'oubliez pas qu'il s'agit d'une intervention chirurgicale ! Les risques de complications chez la mère sont 3 fois plus élevés qu'après un accouchement naturel.


Pendant l'opération, très rarement, des organes proches de l'utérus (intestin, voies urinaires ou vaisseaux sanguins) peuvent être blessés, nécessitant une prise en charge chirurgicale complémentaire.


Exceptionnellement aussi, une hémorragie de l'utérus peut survenir, avec un risque vital. Une transfusion est alors nécessaire, parfois complétée par d'autres traitements spécifiques. En cas d'échec, il peut arriver qu'une ablation de l'utérus soit la seule solution.


Après l'intervention, les 24 premières heures sont souvent très douloureuses, nécessitant l'administration de médicaments antalgiques puissants.


Parfois, un hématome ou un abcès peuvent apparaitre au niveau de la cicatrice, ne nécessitant le plus souvent que des soins locaux.


Les infections urinaires sont assez fréquentes, mais généralement sans gravité. Pour réduire le risque de phlébite (caillot dans une veine des jambes) ou d'une embolie pulmonaire, un traitement anticoagulant peut être prescrit pendant quelques jours. Très rarement, une hémorragie ou une infection grave apparaissent dans les jours suivant la césarienne, nécessitant des traitements spécifiques, voire une réintervention. Comme pour toute opération, exceptionnellement, un risque vital ou de séquelles graves existe.


Lors d'une nouvelle grossesse, la cicatrice sur l'utérus peut exposer à des anomalies d'implantation du placenta, voire à un risque de rupture.


Chez les bébés nés par césarienne, le taux de complications respiratoires à la naissance est 40 fois plus important.

Les premiers jours après l'accouchement…

La durée de l'hospitalisation est un peu plus longue que pour un accouchement normal : environ de 4 à 7 jours, pendant lesquels vous êtes surveillée comme pour la plupart des opérations courantes.


Une sonde urinaire et une perfusion intraveineuse, sont généralement laissées en place pendant 24 heures, voire un peu plus si nécessaire.


Un drain (petit tuyau) est installé sous la paroi du ventre, pendant quelques jours, pour évacuer le sang.


Des médicaments sont généralement administrés : antalgiques (pour calmer les douleurs abdominales et pelviennes), antibiotiques (pour éviter une infection) et anticoagulants (pour éviter une phlébite).


Une alimentation normale est possible très rapidement.


La reprise du transit intestinal (selles) se fait au 2ème ou 3ème jour.


Les précautions à prendre pour tous les gestes courants et des exercices doux de remise en forme vous sont enseignés, par la sage-femme et le kinésithérapeute, pendant tout le séjour à la maternité.

Le retour à la maison…

Un compte-rendu opératoire vous est remis à la sortie et votre médecin traitant en reçoit une copie.


Une ordonnance vous est aussi délivrée : pour l'ablation des fils (réalisée dans les 8 jours après l'accouchement) et si un traitement ou des soins particuliers sont nécessaires.


La cicatrice doit être laissée à l'air au maximum.


Vous pouvez prendre des douches sans problème, mais pas de bain avant 15 jours à 3 semaines.


Protégez la cicatrice du soleil jusqu'à 1 an après l'intervention : il n'y a aucun danger, mais l'exposition peut laisser des traces hyperpigmentées et inesthétiques.


Des pertes de sang modérées peuvent persister pendant une quinzaine de jours, devenant de plus en plus claires avec le temps.


Il est recommandé d'attendre la fin des saignements pour reprendre une activité sexuelle.


Les premières semaines, ne portez pas de charges lourdes, surveillez votre posture, ménagez-vous régulièrement des moments de repos et faites-vous aider pour les tâches domestiques.


Ne pratiquez pas de sports sollicitant les muscles abdominaux pendant au moins 2 mois ! Vous n'avez à suivre aucun régime particulier, mais veillez à avoir une alimentation saine, variée et équilibrée !


Les études montrent que les jeunes mamans ayant accouché par césarienne sont plus sujettes à l'anémie : un traitement est alors nécessaire.


Les médecines douces (ostéopathie, acupuncture, homéopathie) peuvent, dans certains cas, soulager des douleurs pelviennes résiduelles ou contribuer à votre remise en forme.


Certains signes d'alerte doivent vous faire consulter un médecin en urgence :

  • Vives douleurs au niveau du ventre.
  • Fièvre supérieure à 38°.
  • Saignements vaginaux abondants.
  • Douleurs dans un mollet.
  • Cicatrice rouge, douloureuse ou suintante.


Et n'oubliez pas la visite post-natale, environ 6 semaines après l'accouchement !

Qu'en est-il pour l'allaitement ?

Il est tout à fait possible d'allaiter après une césarienne.


Mais vous devrez adopter la bonne position : allongée sur le côté, le bébé contre votre ventre et en vous calant avec des oreillers. Soulevez au besoin le sein pour que votre enfant puisse la saisir plus facilement.


Si la césarienne est "programmée", demandez à votre gynécologue s'il sera possible de mettre votre bébé au sein juste après l'intervention ou en salle de réveil.

Et pour les grossesses suivantes ?

Ce n'est pas parce qu'un accouchement a lieu par césarienne qu'il en sera nécessairement de même pour le suivant. Il peut très bien se dérouler par les voies naturelles, sauf si les dimensions du bassin ou une maladie de la mère pose toujours problème.


Lors d'un accouchement naturel, alors qu'une césarienne a eu lieu précédemment, l'équipe médicale sera très vigilante en raison de la fragilité de l'utérus au niveau de la cicatrice (particulièrement si l'enfant est gros ou se présente par le siège).


Le nombre de césariennes n'est en principe pas limité, mais les spécialistes estiment qu'un maximum de 4 paraît raisonnable.

De nos jours, la technique de la césarienne est parfaitement maîtrisée, mais comme toute opération, elle n'est pas dénuée de risques. Cette méthode d'accouchement doit répondre à des impératifs médicaux et ne saurait être, comme on l'observe de plus en plus souvent, une intervention de " confort "…



Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)



Sources : www.cngof.asso.fr - www.uvp5.univ-paris5.fr - www.syngof.fr - www.rcog.org.uk

Mise à jour le Mercredi, 12 Janvier 2011 12:19
 
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