Je me connecte




Mot de passe oublié ?

Le déclenchement artificiel du travail

Ce que vous devez surveiller

Pour des raisons médicales ou de convenance, les contractions utérines peuvent être provoquées, selon différentes techniques, pour faire démarrer le travail et avancer l’heure de l’accouchement. Explications…

Quelles sont les indications médicales ?

Si votre état de santé ou celui du bébé justifient un déclenchement du travail, celui-ci peut avoir lieu lorsque le foetus est à terme, mais aussi plus précocement (c’est à dire avant 37 semaines d’aménorrhée) aboutissant alors à un accouchement prématuré.


Lorsque le terme est dépassé (c’est dire au-delà de 41 semaines d’aménorrhée) et que le travail ne démarre pas spontanément, un déclenchement artificiel est alors mis en place pour éviter la survenue d’éventuelles complications.


Il peut en être de même en cas de rupture des membranes (ouverture de la poche des eaux) avant le début du travail, en raison des risques d’infection pour le bébé.


Des problèmes liés à votre santé (diabète, hypertension artérielle…) ou à celle de votre bébé (retard de croissance in utero, souffrance foetale…) peuvent conduire aussi à un déclenchement artificiel du travail.

Quels peuvent être les motifs de convenance ?

Vous pouvez éventuellement demander à choisir la date de la naissance, en raison d’impératifs comme les obligations professionnelles du papa ou l’organisation de la garde des autres enfants.


Si vous habitez dans une zone très éloignée de la maternité, par exemple dans une petite île, un accouchement “programmé” pourra aussi être envisagé.


Parfois c’est l’obstétricien qui, en fonction de ses disponibilités ou des contraintes d’organisation de la maternité, peut préférer planifier une partie des accouchements.


Mais le “déclenchement de convenance” ne peut être réalisé qu’après 39 semaines d’aménorrhée et en l’absence de complications pour vous ou votre bébé. Il ne peut être pratiqué qu’après un accord passé avec votre gynécologue-obstétricien, qui vous aura informée auparavant des tenants et aboutissants d’un tel geste, ainsi que des risques éventuels liés à sa réalisation.

Sachez enfin que le col de l’utérus doit être “favorable”, c’est à dire court, ramolli et un peu ouvert. Dans le cas contraire, le risque d’un recours à une césarienne est en effet augmenté.

Comment ça se passe ?

Vous serez admise à la maternité la veille au soir ou le matin même du déclenchement.


On vous indiquera l’heure à partir de laquelle vous devrez rester à jeun.


Une fois que vous serez installée dans la chambre, une sage-femme s'assurera que vous avez bien vu un anesthésiste en consultation et que tous les examens nécessaires ont été pratiqués.


Vous serez placée sous “monitoring” pour surveiller le rythme cardiaque du bébé et contrôler d’éventuelles contractions utérines.


Puis vous passerez en salle de prétravail : la sage-femme ou le gynécologue-obstétricien apprécieront notamment l’état du col de l’utérus (long ou court, fermé ou ouvert, ferme ou ramolli…).


Tous ces éléments permettront à l’équipe médicale de choisir le type de déclenchement le plus adapté…


Si le col de l’utérus n’est pas “favorable” (long, fermé, postérieur..), l’application d’un gel de prostaglandines dans le vagin, 24 heures avant le déclenchement, peut-être nécessaire.

La surveillance des contractions utérines et du rythme cardiaque du bébé est effectuée en continu pendant les 2 heures qui suivent, puis ponctuellement jusqu’au début du travail si aucune anomalie n’est décelée.


Si le col de l’utérus est “favorable” (court, un peu ouvert, ramolli..), une perfusion intraveineuse d’ocytocine est posée et les doses sont augmentées progressivement.

Selon le cas, une rupture des membranes est réalisée dès que possible.

La surveillance électronique du rythme cardiaque du bébé et des contractions utérines se fait en continu.

Et s’il n’existe aucune contre indication, une anesthésie péridurale pourra être pratiquée dès que vous en exprimerez le besoin.

Existe-t-il des inconvénients, risques ou contre-indications ?

Généralement, l’ocytocine provoque des contractions de l’utérus plus intenses et plus douloureuses que lors d’un travail débutant spontanément.


Comme dans un accouchement “normal”, des contractions utérines excessives, un arrêt de la dilatation du col ou une souffrance du foetus peuvent nécessiter une césarienne.

Le recours à cette intervention est plus fréquent si le déclenchement est réalisé lorsque le col n’est pas favorable.


Bien évidemment, tout motif médical contre-indiquant un accouchement par les voies naturelles, représente également une contre-indication à un déclenchement artificiel.

Il en est de même lorsque des césariennes ont été pratiquées lors des grossesses précédentes.

En cas de grossesse normale, il n’y a pas de raison objective de déclencher le travail artificiellement. Et si vous avez de bonnes raisons pour demander un accouchement “programmé”, ça ne sera possible que si certaines conditions médicales le permettent. Dans tous les cas, la décision finale revient à votre sage-femme ou votre gynécologueobstétricien.


Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)


Sources : www.cngof.asso.fr - www.has-sante.fr - umvf.biomedicale.univ-paris5.fr

Mise à jour le Lundi, 03 Mars 2014 15:25