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Grossesse prolongée : quand bébé se fait attendre !

Grossesse prolongée

Les informations sur les enfants prématurés sont largement diffusées et médiatisées, mais les problèmes liés aux grossesses prolongées sont moins bien connus du grand public. Or pour 15 à 20% des femmes enceintes, l’accouchement a lieu plus tard que prévu…

Grossesse prolongée et terme dépassé : de quoi s’agit-il ?

Le “terme” se situe entre la 37ème et la 41ème semaine d’aménorrhée (absence de règles) : c’est dans cette période que se produit normalement l’accouchement.

 

Les spécialistes parlent de “grossesse prolongée” au-delà de la 41ème semaine d’aménorrhée, et de “terme dépassé” à partir de la 42ème semaine.

 

La date des dernières règles est donc le point de repère pour déterminer le début de la grossesse et donc la date de l’accouchement. Mais si vous avez “la mémoire qui flanche”, grâce à l’échographie du 1er trimestre les médecins peuvent prévoir quand bébé devrait “normalement” arriver.

 

Environ 20% des femmes accouchent à la 39ème semaine d’aménorrhée, 30% à la 40ème et 20% à la 41ème.

 

Pour les 15 à 20% de femmes qui n’ont pas encore accouché au terme normal, une surveillance étroite s’impose en raison des risques encourus, aussi bien pour elles que pour leur bébé.

Quelles sont les complications éventuelles ?

En cas de grossesse prolongée, le recours à une césarienne, notamment en urgence, est plus fréquent. La future maman est aussi plus exposée aux hémorragies de la délivrance (expulsion du placenta) et aux lésions du périnée.

 

Le foetus présente plus de risques d’oligoamnios (quantité insuffisante de liquide amniotique), d’émission de méconium (matières fécales) pouvant être inhalé, voire de décès in utero (en sachant que leur nombre a considérablement diminué ces dernières années).

 

Différentes complications se retrouvent plus fréquemment chez les nourrissons nés après le terme prévu : convulsions néonatales, infirmité motrice cérébrale, troubles du développement psychomoteur, macrosomie (nouveau-né pesant plus de 4 kg), traumatismes obstétricaux et infections néonatales.

Quelle est la surveillance mise en place ?

Si l’accouchement n’a pas eu lieu à la date prévue, une surveillance étroite s’impose.

 

La future maman doit se rendre à la clinique tous les deux jours, pour faire notamment deux examens de contrôle majeurs.

 

D’une part, le monitoring pour vérifier que le rythme cardiaque du bébé est normal et qu’il n’existe pas de souffrance foetale.

 

D’autre part, l’échographie qui permet de surveiller le liquide amniotique dans lequel baigne le foetus.

 

En dehors de ces visites programmées, il est recommandé à la future maman de consulter si elle remarque une diminution des mouvements de son bébé.

Quelles sont les conséquences pour l’accouchement ?

En l’absence de problèmes spécifiques, le déclenchement du travail est proposé entre la 41ème et la 42ème semaine d’aménorrhée.

 

Le moment du déclenchement est déterminé en fonction de plusieurs critères médicaux (état du col de l’utérus, existence éventuelle d’une cicatrice utérine, nombre de grossesses antérieures, poids, âge…), de l'organisation des soins dans la maternité et des préférences de la future maman.

 

Cependant, si la prolongation de la grossesse au-delà de la 42ème semaine d’aménorrhée est choisie, les risques pour le foetus doivent être expliqués à la mère et mis en balance avec les inconvénients potentiels d’un déclenchement.

 

Avant de déclencher l'accouchement, le gynécologue-obstétricien peut choisir de réaliser un décollement des membranes. Pour ce faire, le praticien introduit un doigt dans le vagin, pour décoller manuellement le bas de la poche amniotique du col de l’utérus, à condition que celui-ci soit suffisamment souple et légèrement ouvert. Dans certains cas, cette technique entraîne un travail spontané dans les jours qui suivent, sans pour autant augmenter le risque de césarienne. Mais la future maman doit être informée des désagréments (douleurs, saignements, contractions), et son consentement est donc requis.

 

Lorsque le déclenchement du travail est nécessaire, notamment si l’état du col est favorable, la méthode de référence est l’ocytocine, une hormone qui stimule les contractions utérines.

Les prostaglandines E2, sous forme de gel ou tampon vaginaux, sont aussi très efficaces, et ce quel que soit l’état du col.

D’autres méthodes existent, avec de bons résultats, mais doivent faire l’objet d’évaluations complémentaires.

 

Bien évidemment, dès sa naissance le nouveau-né sera examiné et surveillé de près. En cas de problème grave, un transfert en service de réanimation néonatale sera nécessaire.

Prématurité, grossesse prolongée : bébé n’arrive pas toujours à l’heure ! Raison de plus pour ne pas “zapper” les différents examens prévus pendant la grossesse. Et si le jour “J” aucun signe ne semble annoncer l’accouchement, contactez la maternité sans tarder pour limiter les risques de complications !

 

 

Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)

 

 

Sources : www.cngof.asso.fr - umvf.biomedicale.univ-paris5.fr - www.acog.org - www.sogc.org

Mise à jour le Mardi, 24 Janvier 2012 14:59