Je me connecte




Mot de passe oublié ?

L’épisiotomie

Qu’est-ce qu’une épisiotomie ?

Redoutée par toutes les futures mamans, cette intervention chirurgicale est pratiquée, en France, lors d’un accouchement sur trois environ. Un chiffre encore élevé, au regard des recommandations de l’OMS, mais qui a nettement diminué au cours des vingt dernières années.

Qu’est-ce qu’une épisiotomie ?

Cet acte chirurgical a pour objectif d’agrandir l’orifice vulvaire, pour faciliter le passage du bébé dans certaines situations difficiles.

 

L’intervention est pratiquée, par l’obstétricien ou la sage-femme, sous anesthésie locale ou sous péridurale, lors d’un effort de poussée au moment d’une contraction.

 

L’incision du périnée, réalisée le plus souvent du côté droit, part de la partie inférieure de la vulve et suit une direction oblique vers l’arrière.

 

La réfection de l’épisiotomie se fait après la délivrance, en suturant successivement le vagin, les muscles et la peau, avec un fil qui se résorbera tout seul en quelques semaines.

 

Il faut généralement 3 semaines environ pour la cicatrisation complète de l’épisiotomie.

 

Mais des complications peuvent la retarder : par exemple, un hématome, une infection ou un lâchage des fils, nécessitant des traitements complémentaires.

Dans quels cas est-elle recommandée ?

L’épisiotomie a été longtemps réalisée de façon quasi systématique, pour éviter une déchirure du périnée, notamment en cas de premier enfant, de gros bébé ou d’utilisation des forceps.

 

Depuis quelques années, le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français a remis en cause le recours trop fréquent à l’épisiotomie. Il la recommande désormais dans deux cas : si la future maman a un périnée très court, ou lorsque le foetus présente une anomalie du rythme cardiaque.

 

Cependant, le médecin ou la sage-femme pourront juger cette intervention nécessaire dans d’autres situations spécifiques (mauvaise présentation du bébé, jumeaux, antécédents de lésions du périnée ou d’excision, etc…).

 

Une bonne préparation du périnée pendant la grossesse, comprenant des exercices et des massages sous la conduite de la sage-femme, permet de limiter le recours à l’épisiotomie. Lors de l’accouchement, certaines positions (couchée sur le côté ou debout) assureraient une meilleure protection du périnée. Et un peu de patience, au moment de l’expulsion, permet de laisser plus de temps au périnée pour se détendre suffisamment.

 

Mais l’épisiotomie n’est pas toujours prévisible ou évitable : elle sera impérativement réalisée lorsque le périnée est sur le point de rompre, pour éviter une déchirure quasi certaine, parfois compliquée d’une lésion du sphincter anal.

Et après, quelles sont les précautions à prendre ?

Soyez vigilante sur l’hygiène !

Quelques gestes simples permettent d’accélérer la cicatrisation et d’éviter les risques d’infection.

 

Après avoir uriné, essuyez-vous systématiquement de l'avant vers l'arrière.

 

Faites une toilette intime, au moins deux fois par jour, avec un gel spécial antiseptique et de l’eau tiède.

 

N’oubliez pas de bien sécher la zone de l’épisiotomie, en tamponnant délicatement avec une serviette propre (après la douche aussi !). Par contre, l’utilisation d’un sèchecheveux est très controversée.

 

Changez fréquemment votre serviette hygiénique pour laisser la cicatrice au sec. Et veillez à ce que le siège des toilettes soit toujours bien propre !

Surveillez les éventuels signes d’alerte !

Certains symptômes doivent vous faire suspecter la survenue d’une infection :

  • La cicatrice est extrêmement sensible au toucher.
  • Elle est très rouge ou très enflée.
  • Il existe un suintement de pus.
  • Vous avez de la fièvre.

Vous devez alors contacter un médecin en urgence !

Soulagez vos douleurs !

Après tout accouchement, la région périnéale étant généralement sensible, il est donc parfois difficile de distinguer les douleurs dues à l’épisiotomie de celles secondaires à d’autres causes (lésions lors du passage du bébé ou après utilisation des forceps, hémorroïdes, etc…).

 

Quoi qu’il en soit, inutile de souffrir !

 

Des médicaments (paracétamol, anti-inflammatoires, voir homéopathie) pourront vous être prescrits pour atténuer les douleurs trop gênantes. Mais ne prenez aucun traitement sans avis médical, surtout si vous allaitez !

 

Dans certains cas, la chaleur ou au contraire le froid peuvent apporter un soulagement : testez ce qui vous convient le mieux !

 

Essayez aussi de vous asseoir sur une bouée "spéciale hémorroïdes et épisiotomie", disponible en pharmacie, ce qui évite d’appuyer sur la zone sensible. Mais en cas de fortes douleurs, mieux vaut éviter la position assise prolongée : restez couchée le plus souvent possible !

 

En principe, les douleurs disparaissent au bout d’une quinzaine de jours.

 

Si ça n’est pas le cas, n’attendez pas pour en parler à votre médecin ou votre sagefemme ! Une gêne qui se prolonge trop longtemps expose à des répercussions psychologiques et des perturbations de la sexualité.

Pour les rapports sexuels, soyez patiente !

Généralement, ils pourront être repris dans les 3 à 6 semaines après l’accouchement.

 

Les spécialistes recommandent notamment d’attendre la fin des saignements et la cicatrisation complète.

 

Mais des variations existent d’une femme à l’autre, en fonction des douleurs, de la rapidité de cicatrisation, des éventuelles complications… et de l’envie !

 

Si vous avez un doute, n’hésitez pas à attendre la visite post-natale, obligatoire dans les 2 mois après la naissance : vous pourrez en parler librement avec votre gynécologue ou votre sage-femme.

Comme tout acte chirurgical, l’épisiotomie n’est pas dénuée de risques et ne peut être réalisée sans votre consentement. N’hésitez pas à poser des questions à votre médecin ou votre sage-femme ! Ils sauront vous informer et vous rassurer, pour que vous abordiez le jour J en toute sérénité...

 

Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)

 

Sources : www.uvp5.univ-paris5.fr - www.cngof.asso.fr - www.syngof.fr - apps.who.int – www.mayoclinic.com

Mise à jour le Jeudi, 04 Avril 2013 09:09