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La péridurale

Péridurale

L'arrivée de la péridurale dans les années 80 a marqué un tournant majeur dans le déroulement des accouchements. En France, près de deux futures mères sur trois bénéficient de cette anesthésie, leur permettant ainsi de ne pas souffrir tout en vivant pleinement l'arrivée de bébé.

La douleur lors de l'accouchement…

Pendant le travail les douleurs sont dues à la dilatation progressive du col sous l'effet des contractions utérines, dont la fréquence, la durée et l'intensité sont croissantes.


Ensuite, lors de la progression du foetus jusqu'à son expulsion, la douleur augmente encore, en raison de la distension du périnée.


Même si des variations individuelles existent, les douleurs sont généralement importantes, et parfois insupportables pour certaines femmes.


La forme physique de la future maman, les facteurs psychologiques et socioculturels influent incontestablement sur la perception douloureuse.


D'autres paramètres ont tendance à augmenter l'intensité des douleurs : le jeune âge, l'obésité, la primiparité (1ère grossesse), l'ocytocine (médicament déclenchant les contractions), ainsi qu'un gros foetus ou une présentation difficile.


Les douleurs n'ont aucune utilité pour le bon déroulement de l'accouchement, et peuvent même entraîner des effets indésirables (cardiaques, respiratoires…), chez la maman ou le bébé, dans certains cas (notamment s'il existe une pathologie préexistante).


Enfin, sachez que près d'une fois sur deux, une aide à l'accouchement (forceps, spatules, ventouses, épisiotomie, révision utérine, césarienne) est nécessaire mais douloureuse, imposant le recours à une anesthésie.


Bien sûr, en l'absence de contrainte médicale incontournable, accoucher sous péridurale ou non reste une question de choix personnel…


Pour vous aider dans cette décision, les maternités organisent des réunions d'information. Et n'hésitez pas à poser des questions lors des consultations prévues pour le suivi de la grossesse !

Qu'est-ce qu'une péridurale ?

Elle fait partie des anesthésies "locorégionales", car elle permet d'endormir uniquement la partie de votre corps qui va souffrir lors de l'accouchement.


Son principe est de bloquer transitoirement les nerfs de la région concernée en injectant, à leur proximité, un produit anesthésique.


Il n'y a pas de perte de conscience : vous pourrez vivre pleinement l'arrivée de bébé ! Le produit anesthésiant est injecté autour de l'enveloppe qui protège la moelle épinière (dure-mère) : cette zone est appelée espace péridural.


L'anesthésiste pique à un endroit précis de la colonne vertébrale, dans la région lombaire, de façon à ce que le ventre et le périnée soient insensibilisés.


Après une petite anesthésie locale, le médecin introduit d'abord une aiguille, puis un tube souple (cathéter) qu'il place dans l'espace péridural.


Ce cathéter permet de diffuser le produit anesthésique, le temps que dure l'accouchement.


La péridurale est une technique largement utilisée pour les accouchements par les voies naturelles. Elle peut aussi être employée pour les césariennes, à moins que l'anesthésiste ne juge préférable le recours à une rachianesthésie ou à une anesthésie générale.

Quelle différence avec la rachianesthésie ?

La rachianesthésie est aussi une anesthésie "locorégionale" : elle ressemble beaucoup à la péridurale.


Une aiguille très fine (comme un cheveu) est placée entre 2 vertèbres, mais un peu plus profondément de façon à traverser la dure-mère.


Par l'aiguille s'écoule un peu de liquide céphalo-rachidien, comme dans une ponction lombaire.


Dans ce type d'anesthésie, il n'est pas nécessaire de faire passer un cathéter : la durée de l'anesthésie est d'environ trois à quatre heures après l'injection du produit.


Comme avec la péridurale, vous ne sentez rien tout en restant parfaitement éveillée !

La consultation d'anesthésie : obligatoire !

La consultation avec le médecin anesthésiste est une obligation légale avant tout acte chirurgical : elle a lieu 4 à 6 semaines avant la date prévue de l'accouchement.


De façon à bien connaître votre état de santé, pour pratiquer la péridurale en toute sécurité, il vous interroge, vous examine et vous prescrit des examens complémentaires. D'autant qu'une anesthésie générale peut être nécessaire en cas de complication.


Au cours de cet entretien, le médecin vous explique les avantages et les risques de la péridurale et des autres techniques. N'hésitez pas à poser des questions !


Le médecin anesthésiste qui pratiquera la péridurale n'est pas obligatoirement celui que vous avez vu en consultation, mais ce dernier lui a transmis votre dossier avec toutes les précautions à prendre : ne vous inquiétez pas !


Si vous avez oublié de communiquer une information (traitement en cours, allergie, maladie, etc…) pendant la consultation, pensez à le signaler à l'infirmière ou à l'anesthésiste quand ils passeront dans votre chambre, juste après votre admission !

Quelles sont les contre-indications à la péridurale ?

La consultation avec l'anesthésiste, et l'examen réalisé à votre arrivée à la maternité, permettent de déceler les rares contre-indications à la péridurale.


Il s'agit, notamment, des allergies au produit anesthésique, des infections (locales ou générales) et les troubles de la coagulation du sang.


Certaines maladies neurologiques risquent de contrarier le bon déroulement de l'anesthésie.


L'injection du produit peut se révéler impossible si des vertèbres sont soudées ou malformées.


Attention : certains tatouages situés dans le bas du dos, au niveau de la zone d'injection, peuvent être aussi une contre-indication à la péridurale !


Par ailleurs, certains accouchements particulièrement difficiles ou risqués imposent le recours à une anesthésie générale.

Comment se déroule une péridurale ?

Cette forme d'anesthésie nécessite de votre part une étroite collaboration et vous devez essayer de vous détendre le plus possible !


Les gestes liés à cette technique exigent une extrême précision de la part de l'anesthésiste, spécialement formé à cet effet.


Attention ! Vous devez être à jeun pendant les six heures qui précèdent l'accouchement : cette exigence s'impose au cas il serait nécessaire de vous endormir complètement, pour faire face à une complication. Vous ne devez pas fumer non plus… mais bien sûr, vous avez écrasé la dernière cigarette dès l'annonce de la grossesse !


La péridurale est généralement mise en place quand la sage-femme est sûre que le travail a commencé et que les contractions deviennent douloureuses : cela correspond le plus souvent à une dilatation du col utérin d'au moins 3 cm (mais cela varie d'une femme à l'autre).


L'anesthésiste vous installe alors dans une position confortable (pour vous) et fonctionnelle (pour lui) : selon les cas, vous êtes assise ou couchée.


Ensuite on vous pose une perfusion, et le matériel nécessaire à la surveillance de l'anesthésie est mis en place.


Après un repérage très précis du point où sera injecté le produit, le médecin désinfecte la zone autour et fait une anesthésie locale de la peau pour augmenter votre confort.


Puis il introduit l'aiguille pour injecter le produit qui va anesthésier la région : rapidement, vous allez ressentir une impression de chaleur dans la zone qui devient progressivement insensible (en quelques minutes).


Ne vous inquiétez pas ! Pendant toute la durée de l'accouchement, le médecin et l'infirmière anesthésiste restent à vos côtés pour vous surveiller, bien sûr, mais aussi pour vous rassurer et vous réconforter.

Grâce à une série d'appareils, l'équipe contrôle les fonctions vitales de votre organisme : notamment la respiration, le rythme du coeur et la tension artérielle.


Toutes les précautions sont prises pour faciliter le travail de la sage-femme et de l'obstétricien, tout en réduisant les risques au maximum !

Juste après la naissance…

Pendant environ 2 heures vous êtes surveillée près de la salle d'accouchement.


L'équipe médicale contrôle notamment la température, le rythme cardiaque, la tension artérielle : toute complication éventuelle peut ainsi être détectée.


Vous êtes parfaitement lucide et les désagréments postopératoires, tels que nausées ou vomissements, se révèlent bien plus rares que dans le cas d'une anesthésie générale.


Une fois de retour dans votre chambre, ne vous inquiétez pas : vous êtes toujours sous haute surveillance !


La récupération peut prendre plusieurs heures, pendant lesquelles vous risquez de ressentir des sensations inhabituelles au niveau de la zone anesthésiée.


Si des difficultés pour uriner existent, une sonde est mise en place pour vous aider et vous soulager.


Dans les premières heures après l'accouchement, il est recommandé de se lever doucement, en raison du risque de vertiges et de chute de tension.


Le point où a été réalisé l'injection peut rester sensible pendant quelques jours et des démangeaisons passagères peuvent survenir.


Très rarement, on observe une baisse transitoire de l'acuité visuelle ou auditive.

De rares complications sont possibles chez la maman…

Tout acte médical, même conduit avec compétence et dans le respect des données acquises de la science, comporte un risque. Les conditions actuelles de surveillance de l'anesthésie et de la phase de récupération permettent de dépister rapidement les problèmes éventuels et de les traiter.


Une chute transitoire de la tension artérielle au début de l'anesthésie peut survenir : elle est rapidement corrigée par l'activation de la perfusion et un traitement spécifique.


Des réactions allergiques aux produits anesthésiques peuvent survenir. Elles ne sont pas très fréquentes, mais le plus souvent imprévisibles : elles nécessitent un traitement complémentaire en urgence.


Les mesures rigoureuses d'asepsie permettent de limiter le risque d'infection. La formation d'un hématome, suite à la lésion accidentelle d'une veine ou d'une artère, ne se rencontre pas souvent.


Les complications neurologiques graves (convulsions ou paralysie permanente) sont extrêmement rares.


Des problèmes respiratoires ou cardiaques peuvent se présenter, dans certaines circonstances particulières et exceptionnelles, notamment chez les personnes fragiles : là encore, grâce à la surveillance pendant l'opération, les médecins sont en mesure d'intervenir en urgence si nécessaire.


Les anesthésies rachidiennes se compliquent parfois de troubles urinaires nécessitant la mise en place d'une sonde vésicale.


Les maux de tête, excessivement rares après une péridurale, se résolvent rapidement, après un repos allongé et éventuellement un traitement.

Mais le bébé ne court aucun risque !

De multiples études scientifiques ont prouvé que la péridurale et la rachianesthésie ne présentaient aucun danger pour le bébé.


Seule une baisse de la tension artérielle chez la maman, liée à la péridurale, peut avoir un effet indirect délétère sur le bébé. L'étroite surveillance pendant l'accouchement permet d'éviter tout problème.

Couramment pratiquée dans toutes les maternités, la péridurale assure à la future maman un accouchement moins fatiguant et en toute sécurité. Son efficacité sur la douleur ne dispense pas des séances de préparation à la naissance : très utiles tant sur le plan physique que psychologique, elles permettent aussi une prise en charge globale du couple avant l'arrivée de bébé.



Dr Alain Batarec (Médecin Généraliste)


Sources : www.sfar.org - www.alrf.asso.fr - www.cngof.asso.fr

Mise à jour le Vendredi, 14 Janvier 2011 11:11
 
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